La Banque de France prendra en pension les prêts à l’habitat
Comme proposé en décembre, sept banques centrales nationales de la zone euro ont choisi de déterminer des critères de collatéral plus souples pour permettre aux établissements financiers de profiter aisément de l’opération de refinancement à trois ans (LTRO) de la BCE, le 29 février. Comme ses homologues d’Irlande, d’Italie, d’Espagne, de Chypre, d’Autriche, du Portugal, la Banque de France (BdF) a publié hier ses nouveaux standards.
Elle va accepter temporairement de nouvelles catégories de créances: les prêts immobiliers résidentiels. A condition qu’ils soient assortis d’une hypothèque ou d’un privilège de premier rang. Seront également tolérés, les prêts dotés d’une garantie ou d’un cautionnement d’une banque ou d’une assurance. Ils devront en tout cas être des contrats de droit français et avoir une maturité résiduelle supérieure à un mois.
Pour les créances déjà éligibles, la qualité minimum de la signature est désormais associée à une probabilité de défaut à 1 an inférieure à 1%. Et lorsque l’ensemble des autres critères d’éligibilité est respecté, la BdF est prête à accepter des créances en dollars ainsi que des crédits exports bénéficiant d’une garantie de la Coface.
Le président de la BCE, Mario Draghi, a expliqué hier que cet élargissement devait principalement profiter aux banques moyennes, qui manquent de collatéral et peinent à profiter du marché interbancaire. Il a suggéré que 600 à 700 milliards d’euros de créances nouvelles pourraient être apportées. S’il concède que cet assouplissement est risqué, il a martelé que tout était sous contrôle, grâce à une sélection minutieuse des banques centrales nationales et à l’application de sévères décotes. Le conseil des gouverneurs n’a même pas discuté hier de l’opportunité d’abaisser le taux de refi en dessous de 1%. Car les bénéfices de la première LTRO, de 489 milliards d’euros, sont toujours en train de se diffuser.
Selon Mario Draghi, l’opération du 29 février pourrait être de même ampleur. Il espère qu’après avoir sécurisé leur financement, les banques profiteront de l’opération pour distribuer des crédits, notamment aux PME. Il a martelé que le recours au guichet de la BCE n’avait rien de stigmatisant. Le patron de Deutsche Bank avait estimé le contraire mais Mario Draghi a tourné en dérision ses propos, les qualifiant «d’affirmations viriles».
Plus d'articles du même thème
-
Les filles de Pierre Bellon se succèdent à la présidence de Sodexo
En poste pendant près de 11 ans, et PDG presque quatre ans, Sophie Bellon passe les rênes du conseil d’administration du groupe de restauration à sa sœur Nathalie Bellon-Szabo. -
La France empruntera un record de 340 milliards d’euros en 2027
L’Agence France Trésor justifie ce montant inattendu par la hausse des remboursements à échéance. Il est à comparer aux 310 milliards d’euros qui devraient être empruntés en 2026. En net, le marché devrait absorber plus de 150 milliards. -
La Chine se résout à stimuler sa croissance domestique
Le ralentissement économique conjugué à la faiblesse persistante de la demande intérieure a conduit les autorités chinoises à annoncer un plan de relance incluant des prêts subventionnés aux entreprises et aux ménages. La Banque Populaire de Chine a également baissé ses taux d’emprunt garantis.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Gestion de crisePolémique Bardella : face au spectre de l’antisémitisme, le RN fait front
Devant les accusations visant Jordan Bardella, le parti d'extrême droite a choisi l’offensive. Mais l’affaire commence déjà à parasiter la campagne et réveiller les vieux démons d'une formation qui cherche depuis des années à s’en débarrasser -
Âge légal, capitalisation : les propositions des candidats pour sauver les retraites
La question des retraites est l’un des grands enjeux de la campagne présidentielle de 2027. Qui propose quoi ? L’Opinion a passé au crible les programmes en la matière. -
RedsRoyaume-Uni : Burnham veut remettre l’Etat au cœur des « services essentiels »
Au congrès des travaillistes, le Premier ministre britannique a évoqué les secteurs de l’eau, de l’énergie ou de la dépendance. Budgétairement, ces changements passeront par des choix difficiles dont il se dit prêt « à payer le prix », politiquement