La Banque de France pousse les assureurs vie à baisser les taux servis
Voilà les assureurs prévenus. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, a invité hier le secteur à diminuer le taux de rémunération servi sur les contrats d’assurance vie, qui donnent toujours lieu à une bataille de communication en fin d’année. «J’attends cette année une baisse significative du taux de rémunération des contrats d’assurance-vie», a indiqué le gouverneur devant la commission des Finances du Sénat. «Je veillerai à ce que les compagnies d’assurance le fassent, a-t-il poursuivi. Nous ne voulons pas qu’elles se mettent en risque» alors que les rendements obligataires sont aujourd’hui au plus bas.
Les craintes du superviseur peuvent être fondées. L’assurance vie connaît une année faste avec une collecte nette cumulée de 17,4 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, pour l’essentiel sur des contrats en euros majoritairement réinvestis en emprunts d’Etat. Sachant que le taux moyen de l’OAT 10 ans a atteint 1,8% cette année, et traitait hier à 1,27%, les assureurs engrangent des rendements bas. De quoi faire diminuer le rendement moyen de leurs placements hors unités de compte, qui atteignait 3,62% en 2013 chez les principaux acteurs, selon un rapport de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution.
Or, selon l’économiste Philippe Crevel, le rendement moyen servi sur les fonds en euros pourrait atteindre 2,6% en 2014 après 2,8% en 2013. Promettre implicitement à leurs souscripteurs de tels niveaux de rémunération conduit les compagnies d’assurance à puiser dans leurs provisions pour participation aux bénéfices. Une remontée des taux de marché leur serait défavorable. Par ailleurs, même si l’épargnant raisonne généralement en rendement nominal, le rendement réel de l’assurance vie sera cette année bien supérieur à celui des exercices précédents, en raison de la faible inflation. Les compagnies ont donc des marges de manœuvre pour abaisser la rémunération discrétionnaire du produit.
Suivre l’injonction du gouverneur de la Banque de France pour les contrats en euros aurait un autre avantage: les assureurs vie pourraient plus aisément promouvoir auprès de leurs clients les mérites des nouveaux fonds euro-croissance, moins consommateurs de fonds propres sous Solvabilité 2. Des fonds dont le potentiel divise aujourd’hui la profession, et qui pâtissent comme les unités de compte de la mauvaise performance des marchés actions en 2014.
Plus d'articles du même thème
-
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
« Un vote historique » : comment Zohran Mamdani a réussi à geler les loyers à New York
Jeudi soir, une commission de la Ville a voté le gel des loyers des logements régulés. Un vote historique sur une promesse de campagne du maire démocrate, mais controversé -
Pourquoi le gouvernement reporte l'examen du projet de loi « Etat local »
Face à l’opposition des élus locaux et des experts, le gouvernement de Sébastien Lecornu recule sur un transfert inédit de fonctionnaires à l’autorité préfectorale -
Défaillances dans l’enseignement supérieur privé : un nouveau rapport accablant
Un nouveau rapport d’inspection publié ce vendredi constate des dérives et formule des propositions pour mieux réguler le secteur de l'enseignement supérieur privé. Quelque 400 000 étudiants y sont scolarisés