La banque de détail se cherche un nouveau modèle
Le titre de l’étude d’Alvarez et Marsal, «Banque de détail, un modèle économique à bout de souffle ?», a beau être à la forme interrogative, ses conclusions laissent assez peu de place au doute. Le cabinet de conseil en transformation d’entreprises et en restructuration estime en effet que le modèle économique des banques de détail françaises est «dépassé» et «en déclin». Dans les prochaines années, elles devront donc mettre en place des mesures d’économies drastiques.
Les banques sont actuellement confrontées à un «effet ciseau», avec une baisse de leurs revenus accompagnée d’une hausse du coût du risque - particulièrement bas ces dernières années -, cela principalement à cause de la crise du Covid-19. «Les banques de détail subiraient une baisse du résultat d’exploitation de 10,6 milliards d’euros dans un scenario de crise modérée (chute du produit net bancaire de 8% et hausse du coût du risque de 200%)», peut-on lire dans l’étude. Pour faire face à cette situation, le consultant estime que des économies pourraient être faites via la fermeture d’agences, qui pourrait engendrer une baisse de charges de 5 milliards d’euros, ou la digitalisation de certains services, pour une économie de 3 milliards d’euros supplémentaires. Cependant, «dans un contexte social sensible, la priorité doit être portée sur la réduction de la dépense externe qui représente 40% des dépenses des banques de détail», estime Alvarez & Marsal.
La récente crise n’est cependant pas, selon le cabinet, le seul facteur de déclin des banques de détail en France. Sur les 5 dernières années, leur coefficient d’exploitation s’est structurellement dégradé, passant de 66% en 2014 à 70% en 2019. Les raisons en sont anciennes et bien identifiées. En premier lieu, les taux d’intérêts durablement bas obèrent les marges nettes d’intérêt. Ensuite, la concurrence s’est accrue sur ce secteur, notamment avec le développement des néobanques et des banques en ligne. Les acteurs traditionnels sont par ailleurs confrontés à une surcapacité de leurs réseaux physiques, avec des clients qui se rendent de moins en moins en agence. Ils doivent aussi faire face à la transformation digitale, le tout dans un environnement réglementaire de plus en plus pesant. Quelle que soit la forme qu’elle prendra, une adaptation des banques à ces tendances de fond demeure donc inéluctable.
Plus d'articles du même thème
-
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés. -
La pause attendue de la Fed masque de gros enjeux de communication
Les données récentes sur l’économie et sur l’inflation renforceraient la nécessité d'une nouvelle hausse des taux de la Fed ce mercredi. Mais les rares indications fournies par les responsables de la banque centrale suggèrent une pause, anticipée par les marchés de taux, et transforment ce rendez-vous en point de bascule autour de la communication.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose