Julius Baer digère la gestion de fortune internationale de Merrill Lynch
Julius Baer a pris du poids en 2013. L’intégration des activités internationales de gestion de fortune de Merrill Lynch (hors Etats-Unis et Japon), rachetées à Bank of America en 2012, a fait grimper les actifs sous gestion de 52,8 milliards de francs suisses, dont 40 milliards ont été comptabilisés sur les plates-formes de l’établissement zurichois et payées.
Un afflux net d’argent frais à hauteur de 7,6 milliards (+4%) et une performance de marché positive de 7 milliards, partiellement neutralisée par des effets de change défavorables, ont permis de hisser le volume global des actifs sous gestion à 254 milliards de francs (+34%). D’ici à la fin du processus d’intégration début 2015, le groupe s’attend à ce que l’objectif de transfert d’actifs se situe vers le bas de la fourchette, qui va de 57 milliards de francs suisses à 72 milliards. Un élément qui pourrait venir minimiser le coût de la transaction. «Nous avons atteint ou nous atteindrons dans les 24 prochains mois une taille critique sur de nombreux marchés», s’est félicité le directeur général de Julius Baer, Boris Collardi.
En ligne avec la croissance des actifs sous gestion, les revenus d’exploitation ont augmenté de 26% pour ressortir à 2,19 milliards de francs. Mais la rentabilité des activités s’est nettement dégradée dans la deuxième partie de l’année ; la marge brute est tombée de 102 points de base au premier semestre à 91 au deuxième. Sur l’ensemble de l’exercice, elle se maintient à un niveau stable comparé à 2012, à 96 pb.
Si l’opération permet au groupe de changer d’échelle et de prendre pied en Asie (qui représente désormais un quart des actifs), elle pèse aussi sur ses épaules. Les charges de restructuration et d’intégration ont culminé à 199 millions de francs l’an passé, presque entièrement liées à la reprise des activités de Merrill Lynch, contre 57 millions en 2012. Elles devraient descendre à 140 millions de francs cette année puis à 71 millions l’année prochaine et au-delà. Julius Baer a également comptabilisé 35 millions de francs de charges en lien avec la situation fiscale américaine.
Au bout du compte, le bénéfice net de la banque est tombé à 188 millions de francs, comparé à 269 millions en 2012. Sur une base ajustée, il progresse de 19% à 480 millions. Les actionnaires se verront proposer le versement d’un dividende de 0,60 franc par action, identique à celui versé en 2013 au titre de 2012.
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