JPMorgan réduit une fois de plus la voilure dans les crédits hypothécaires
C’est la vie», a commenté hier Jamie Dimon, le patron de JPMorgan, en annonçant 5.500 suppressions de postes supplémentaires. La banque américaine a revu à la hausse les coupes dans ses divisions dédiées aux prêts hypothécaires et aux cartes de crédit, à l’occasion de sa journée investisseurs. Les 8.000 départs prévus cette année s’ajouteront aux 16.500 déjà enregistrés en 2013.
En deux ans, la banque se sera donc séparée de 24.500 salariés et contractuels dans ses activités de banque de détail. Sur la période 2011-2015, les divisions de prêts hypothécaires et à la consommation auront perdu 20% de leurs effectifs. Tous métiers confondus, le groupe totalisait 265.000 personnes fin 2013 (-11.000) et devrait ramener ses troupes à 260.000, d’ici à fin décembre.
Le plan d’économies de JPMorgan découle du retournement du marché hypothécaire américain. Sorties de la crise de subprimes, les grandes banques du pays affrontent désormais la remontée des taux d’intérêt, à la suite de l’inflexion de la politique monétaire de la Fed. Au quatrième trimestre 2013, JPMorgan a ainsi traité deux fois moins de nouveaux dossiers de prêts immobiliers qu’un an plus tôt. Chez son concurrent Wells Fargo, premier prêteur avec 20% de parts de marché, les commissions sur prêts immobiliers ont chuté à 50 milliards de dollars (36,3 milliards d’euros) contre 125 milliards un an plus tôt. JPMorgan prévoit que «le marché des crédits hypothécaires baisse de 34% en 2014 et reste relativement plat en 2015», à 1.200 milliards de dollars. A cet horizon, les renégociations de prêts existants devraient représenter seulement un quart des volumes, contre les trois quarts en 2012.
La politique monétaire devrait en revanche doper les revenus d’intérêt de JPMorgan, qui table sur un bénéfice net de 27 milliards de dollars d’ici à quatre ou cinq ans, contre 18 milliards l’an dernier. La progression attendue se limite en fait à 4 milliards, une fois retranchés les 5 milliards d’éléments exceptionnels qui ont pesé sur les résultats 2013, notamment le coût des litiges. Le groupe table sur 7 milliards de profits additionnels liés notamment à la «normalisation des taux d’intérêt», desquels il retranche l’impact de 2,5 milliards liés principalement au coût des litiges, du contrôle des risques et aux réformes réglementaires.
JPMorgan a aussi révisé son objectif de ratio de capital tangible, de 16% à 15-16%. L’an dernier, ce dernier atteignait 11%.
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