JPMorgan et Morgan Stanley préviennent de conditions d’activité dégradées
Mauvaise passe pour les maîtres de Wall Street. De hauts responsables de deux des plus importants établissements bancaires américains ont fait hier assaut de prudence à l’occasion d’une même conférence organisée par Barclays Capital, face aux incertitudes entourant la croissance américaine et alors que la crise de la dette en Europe s’intensifie. L’activité de trading de JPMorgan et de Morgan Stanley souffre de ce contexte chahuté.
James Staley, le patron de la banque d’investissement de JPMorgan, a ainsi estimé que les revenus de trading de la banque pourraient afficher une chute de 30% au cours du troisième trimestre par rapport au précédent. Les commissions en banque d’investissement pourraient fondre de moitié. De son côté, la directrice financière de Morgan Stanley, Ruth Porat, a tenu à souligner que l’environnement en trading de produits de taux était plus délicat encore qu’au quatrième trimestre 2010, au titre duquel les cinq principales banques d’investissement américaines avaient enregistré leur plus faible activité depuis le début de la crise financière.
Pour James Staley, nombre de clients ont fortement réduit leur activité, particulièrement au mois d’août au moment où l’indice Dow Jones a inscrit des variations supérieures à 400 points pendant quatre séances consécutives pour la première fois de son histoire. Le dirigeant a par ailleurs indiqué que le chiffre d’affaires de l’activité de gestion d’actifs sera affecté par le recul des marchés actions et que la banque pourrait bien enregistrer pour son activité de capital-investissement pour le trimestre en cours une «perte limitée» voisine de 100 millions de dollars.
Les deux banques auraient ainsi souffert de la frilosité grandissante de leurs clients face à la volatilité des marchés. Les commentaires formulés hier par les dirigeants de JPMorgan et Morgan Stanley ne sont certes pas les premiers indices d’un environnement périlleux, mais ils auront de quoi renforcer la conviction des analystes, dont certains ont déjà récemment revu à la baisse leurs attentes en termes de résultats.
L’ombre de Bâle 3 plane de plus sur l’activité des banques. Ruth Porat a ainsi assuré que les exigences futures en capital dictaient l’intérêt de Morgan Stanley pour certaines activités, comme le trading de Bons du Trésor, moins gourmandes en capitaux. Les banques sont de fait encouragées à de moindres efforts sur les produits plus risqués.
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