Jean-Laurent Bonnafé prend les rênes de BNP Paribas à un tournant pour le secteur
Michel Pébereau n’ira pas au bout de son mandat. Le président de BNP Paribas a annoncé hier en assemblée générale qu’il passerait le témoin à Baudoin Prot, l’actuel DG, le 1er décembre 2011. C’est donc à cette date que Jean-Laurent Bonnafé, alors âgé de 50 ans, prendra la direction générale de la banque. Celle-ci a délogé, au premier trimestre, Santander de la tête des banques de la zone euro par les bénéfices.
A l’heure du bilan, le président sortant n’a évoqué qu’un regret devant ses actionnaires. «C’est de ne pas avoir su me faire entendre au début des années 2000 lorsque l’IASB s’est engagé sur la voie d’une application systématique de la full fair market value, a expliqué Michel Pébereau. Par leurs effets accélérateurs, les normes comptables ont incontestablement contribué à transformer la crise d’un simple compartiment du marché hypothécaire américain, les subprimes, en crise de confiance généralisée, mondiale.»
Cette confession inattendue en dit long sur les défis qui attendent le tandem Prot/Bonnafé. Les réformes réglementaires, Bâle 3 en tête, façonneront le paysage bancaire des prochaines années. Elles remettent la gestion de la liquidité au cœur du modèle, pénalisant certains métiers (financement de projet, crédit conso), en favorisant d’autres (émissions obligataires corporate). Et la montée des exigences en capital commence déjà à peser sur la rentabilité du secteur. En 2010, BNP Paribas a ainsi dégagé un rendement des fonds propres (ROE) de 12,3%. Pas beaucoup plus que les objectifs fixés par Michel Pébereau lors de sa prise de fonction il y a 18 ans. «Notre premier projet d’entreprise, en 1993, avait un objectif modeste: une amélioration significative dès 1995 et un ROE de 10% dès que possible», a rappelé hier le président.
Pour relever ce défi, BNP Paribas a choisi de ne pas changer une formule qui gagne. Le parcours de Jean-Laurent Bonnafé ressemble beaucoup à celui de Baudouin Prot: un passage en ministère, une fidélité à toute épreuve (18 ans de maison pour l’un, 28 ans pour l’autre) et un profil qui penche vers la banque commerciale et la banque de détail. De ce point de vue, le groupe se distingue de ses concurrents Barclays ou HSBC, qui ont choisi comme patrons des spécialistes de la banque d’investissement, Bob Diamond et Stuart Gulliver.
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