ING gagne une bataille contre la Commission européenne
Le jugement rendu vendredi par la Cour de justice des communautés européennes en faveur d’ING est une victoire partielle qui pourrait en appeler d’autres. Le tribunal a jugé que la Commission avait surévalué le montant de l’aide d’Etat reçue par le groupe néerlandais.
Cette décision autorise ce dernier à espérer un allègement du plan de restructuration imposé en 2009 par Bruxelles en échange de l’acceptation du soutien public. «ING se réjouit de la décision d’annuler partiellement la décision de l’Union européenne, et va analyser avec attention le jugement dans son ensemble et ses concessions», indique la banque dans un communiqué. Son titre s’est adjugé 3,22% vendredi, à 6,99 euros.
Si la Commission ne faisait pas appel, la banque «devrait renégocier la vente forcée de Westland Utrecht Bank, l’étalement dans le temps de la séparation de l’assurance, ce qui libérerait jusqu’à 1,3 milliard d’euros de bénéfices annuels, et la réduction du montant de la pénalité portant sur le soutien public résiduel de 3 milliards, actuellement fixée à 50%», estime Jan Willem Weidema, analyste chez ABN Amro.
En octobre 2008 et janvier 2009, La Haye a injecté 10 milliards d’euros de capital (remboursable) dans ING, puis a apporté une garantie de 22 milliards d’euros sur son portefeuille de créances hypothécaires américaines titrisées (RMBS). Le groupe financier a dû déposer un dossier pour obtenir l’approbation par la Commission de ces aides publiques, un feu vert accordé sous conditions en novembre 2009.
Trois mois plus tard, ING faisait fait appel de certains éléments. Le calcul par Bruxelles du montant de l’aide de l’Etat néerlandais (lequel a également fait appel sur ce point) laissait en effet apparaître un écart substantiel de 2 milliards d’euros et les mesures de restructuration paraissaient disproportionnées : sortie de l’assurance et de la gestion, recentrage de l’activité bancaire, réduction de 45% du bilan pour 2013, flexibilité commerciale limitée et engagement à ne procéder à aucune acquisition dans l’Union pouvant nuire à sa capacité de remboursement.
La décision de la Cour est aussi porteuse d’espoir pour certaines banques sous aide publique, qui espèrent un étalement de leur calendrier de cessions, comme RBS vis-à-vis de son assurance ou Commerzbank pour sa filiale Eurohypo.
Plus d'articles du même thème
-
Tesla réduira la production du Cybertruck dans son usine texane en 2027
Alors que ce modèle peine à trouver sa clientèle, la victoire du parti démocrate dans cet Etat a sans doute influencé la décision prise par Elon Musk. -
L’Europe et l’Asie trinquent après Wall Street
La débâcle de la tech à la Bourse de New York jeudi fait plier les places financières en Asie ainsi qu’en Europe, mais dans une moindre mesure. Un rebond est attendu à Wall Street mais les investisseurs devraient rester prudents. -
TP s’effondre en Bourse après un avertissement sur son chiffre d’affaires
Le géant des centres d'appels révise ses ambitions à la baisse pour 2026 après le recul de ses ventes depuis le début de l'année.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Gouvernement, syndicats, candidats… Qui dit quoi sur l’augmentation du smic ?
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, est favorable à une augmentation du salaire minimum à 1 500 euros nets. Les syndicats demandent une revalorisation plus ambitieuse -
« C’est un petit désastre » : comment expliquer la dégringolade des valeurs boursières de l’IA ?
Le Nasdaq a essuyé sa pire séance en 19 mois après la conquête du Congrès américain par les démocrates. La valorisation boursière des géants comme Nvidia ou Tesla vacille sous l'effet de la peur d'une régulation stricte -
Immobilier : la baisse des prix ne suffit pas à compenser la hausse des taux
L'envie d’acheter n’a pas disparu. Pourtant, accéder à la propriété semble aujourd’hui plus difficile que pour les générations précédentes. Qu’attendre du marché immobilier, que vous soyez acheteur ou vendeur ?