« Il faut un état d’esprit proche de celui d’un trader »
Norbert Alix-Buguet, partner chez Fitch Bennett Partners
Quelles sont les opportunités de carrière dans la gestion d’actifs au sein des groupes d’assurances ?
Il y en a peu, mais il y en a ! Il s’agit d’une niche très convoitée car le métier est intéressant et rémunérateur à la fois. Pour parvenir à ces postes, nombre de professionnels passent par de grandes banques ou grandes sociétés d’assurances. Le « nec plus ultra » de cette étape est de se positionner sur les institutionnels où les volumes d’investissement sont significativement plus élevés. Cela permet de se distinguer sur le marché. Ensuite, rejoindre un assureur, après une première expérience, entre 30 et 40 ans, offre la crédibilité du nom d’un Groupama, Allianz, Axa… Cela permet de bâtir son expérience pour rejoindre un fonds et ensuite dynamiser son salaire, grâce à une part variable plus conséquente.
Quels sont les niveaux des rémunérations au sein des groupes d’assurances ?
Comme toujours, cela dépend de la « seniorité ». Un professionnel avec moins de dix ans d’expérience percevra entre 60.000 et 70.000 euros annuels de salaire fixe, ainsi qu’une part variable entre 15 % et 30 %. Un gérant d’actifs, ayant entre 10 et 20 ans de carrière à son actif, pourra prétendre entre 100.000 et 150.000 euros, avec une part variable similaire. Enfin, les meilleurs pourront obtenir jusqu’à 180.000 euros de fixe. Ces salaires sont élevés mais la pression demeure constante. Il faut un état d’esprit proche de celui d’un trader, avec une réactivité, une curiosité et une résistance au stress, tout en ayant un rapport au risque suffisamment mature pour travailler chez un assureur. Cela n’est pas donné à tout le monde.
Quelles sont les autres compétences recherchées par les employeurs ?
Il y a des compétences essentielles : une appétence pour les chiffres et pour le côté commercial. Un gérant de fonds doit également savoir mettre en confiance son client, y compris dans des moments difficiles de crise financière. Il doit aussi savoir promouvoir et défendre de nouveaux produits. Mais ce qui fait la différence est la notoriété. Entrer et évoluer dans le métier demande un réseau et un nom. Faire une des meilleures écoles de commerce est un bon départ mais il faut surtout délivrer des résultats, tant sur les rendements que sur l’acquisition de clients.
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