Humanis négocie un rapprochement avec Novalis Taitbout
La création du troisième groupe de protection sociale français est à peine entérinée que ce dernier prévoit de s’agrandir encore. Les fédérations Agirc et Arrco, ainsi que le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) ont donné leur accord au rapprochement des groupes Aprionis et Vauban Humanis pour former le nouvel ensemble Humanis.
Dans le même temps, ils ont annoncé qu’une lettre d’intention avait été signée le 9 novembre dernier entre Humanis et Novalis Taitbout, un autre acteur du secteur, dans l’objectif de se rapprocher. Les négociations devront déboucher sur une nouvelle association sommitale unique en janvier 2012. «Face au mouvement de concentration des acteurs de la protection sociale, les trois groupes considèrent en effet que cette union leur permettra de figurer parmi les groupes paritaires autonomes et pérennes», indiquent les protagonistes dans un communiqué commun. Le nom de la future entité n’a pas encore été choisi.
Vauban Humanis et Aprionis avaient déjà transmis un dossier de fusion en juin dernier. Une troisième pierre est donc venue s’ajouter à l’édifice en construction. «L’arrivée de Novalis s’explique par l’existence de partenariats. C’est dans ce contexte que les sociétés ont envisagé un rapprochement plus global», explique-t-on chez Aprionis.
En effet, Novalis Taitbout, qui devait désimbriquer ses systèmes d’informations d’assurance retraite et d’assurance de personnes, envisageait d’adosser cette dernière au système Pléiade, commun à Vauban Humanis et Aprionis. Parallèlement, les trois entités collaborent au groupement d’intérêt économique (GIE) Alcara concernant l’informatique retraite et au sein de la société d’assurance internationale Welcare.
Selon les trois protagonistes, le nouvel ensemble représentera 22,7% de l’Agirc-Arrco avec 11,5 milliards d’euros de cotisations, 9 millions d’allocataires et 470.000 entreprises clientes. En assurance de personnes, il cumulera 2,8 milliards d’encaissements et arrivera au deuxième rang des institutions de prévoyance avec trois millions de clients. En épargne salariale et gestion financière, le cap des 8,5 milliards d’euros d’actifs sous gestion devrait être franchi. L’effectif total, en l’état actuel des choses, atteint 6.700 salariés.
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L'Union européenne dégaine ses mesures face à l'envolée du prix des engrais
Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse