HSBC voit s’ouvrir à Jersey un nouveau foyer de risque judiciaire

Les détails bancaires à l’étude par les autorités fiscales britanniques pourraient révéler une vaste affaire d’évasion fiscale
Benoît Menou
Chariot siglé HSBC dans un aéroport. Photo: PHB/Agefi
Chariot siglé HSBC dans un aéroport. Photo: PHB/Agefi  - 

Voilà une histoire de paradis qui pourrait virer à l’enfer pour HSBC. La principale banque britannique pourrait en effet subir sur l’île anglo-normande de Jersey, réputée pour son cadre fiscal avantageux, un nouveau sérieux revers pour sa réputation et ses finances.

La semaine dernière, le Daily Telegraph avançait de source anonyme que HSBC faisait l’objet d’une enquête de grande ampleur de la part du fisc britannique, en l’occurrence le HMRC (Her Majesty’s Revenue and Customs). Ce dernier aurait reçu gracieusement il y a une semaine des détails concernant, selon le quotidien, «tous les clients britanniques de HSBC à Jersey», à savoir leurs noms, adresses et soldes de comptes (dont la moyenne atteindrait 337.000 livres). Certains fonds seraient d’origine frauduleuse, provenant du trafic d’armes ou de drogue. La liste est par ailleurs «largement dominée par des personnalités de la City».

Un porte-parole du HMRC a confirmé que les autorités fiscales passaient en revue une liste de plus de 4.000 résidents britanniques de HSBC à Jersey. Faire barrage à ceux qui «essaient de tricher par le biais de l’évasion fiscale (…) est une priorité absolue» a-t-il assuré. Vendredi, la banque a indiqué ne pas avoir été prévenue formellement d’une enquête, tout en promettant sa pleine coopération le cas échéant. Les rumeurs de pertes de données concernant la clientèle à Jersey font l’objet d’une enquête interne urgente, a assuré HSBC.

L’affaire tombe mal. La banque serait ici prise en défaut de contrôle quant à l’origine des fonds déposés. La semaine dernière déjà, HSBC avait suscité l’inquiétude en soulignant, à l’occasion de la publication de ses résultats trimestriels, ses craintes concernant des poursuites pour blanchiment d’argent aux Etats-Unis. Le groupe a prévenu que le coût du règlement de ces poursuites pénales par les autorités fédérales pourrait bien être «beaucoup plus important» que les provisions constituées, qui s’élèvent pourtant déjà à 1,5 milliard de dollars.

La fuite à Jersey a de quoi, selon le Daily Telegraph, «faire naître de sérieuses questions quant aux procédures de HSBC», l’évasion fiscale pouvant concerner «des centaines de personnes». HSBC, qui a déjà fait l’objet de critiques pour des fonds mexicains ou iraniens, a déjà reconnu par la voix de son directeur général avoir «échoué à identifier et maîtriser des comportements inacceptables».

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