HSBC se défait du boulet de l’enquête pour blanchiment d’argent aux Etats-Unis
Les autorités américaines font payer le prix fort à HSBC. Afin de mettre un terme aux poursuites pour blanchiment d’argent engagées depuis plusieurs années outre-Atlantique par le ministère de la Justice, la Fed ou le Trésor, la banque britannique a convenu de verser une amende de 1,92 milliard de dollars.
Un montant inédit, nettement supérieur aux 619 millions versés cet été par le néerlandais ING. Le mois dernier, HSBC avait doublé le montant des provisions liées à ce dossier pour le porter à 1,5 milliard de dollars, tout en indiquant que le montant effectif de l’amende pourrait bien être «significativement plus élevé». Le marché a dès lors réagi sans excès à la publication hier des détails de l’accord, un analyste qualifiant le solde à combler de «dérisoire» par rapport au bilan de la banque.
HSBC, qui avait présenté cet été des excuses publiques suite à la publication par une commission du Sénat d’un rapport concernant ces soupçons de transferts de fonds illicites depuis le Mexique, l’Iran, les Iles Caïmans, l’Arabie Saoudite ou la Syrie, n’est pas pour autant tout à fait libre aux yeux de la justice américaine. L’accord la contraint à poursuivre ses efforts en termes de contrôles divers, sous l’œil pendant cinq ans d’un expert indépendant qui rendra compte régulièrement aux autorités du zèle déployé par HSBC pour renforcer son organisation.
Hier après-midi, la FSA britannique a également publié une série d’exigences pour la banque. Celle-ci devra notamment établir un comité spécialisé au sein de son conseil d’administration, nommer un «M. Antiblanchiment» ou encore faire auditer ses pratiques par un cabinet indépendant. La FSA ne lui a cependant pas infligé d’amende.
Le groupe devrait investir 700 millions de dollars dans un programme qui lui permettra de mieux connaître ses clients. Selon son directeur général, Stuart Gulliver, HSBC est aujourd’hui «fondamentalement différente» de la banque ayant commis «ces erreurs» objet des poursuites entre 2003 et 2008, alors que S&P s’était demandé si HSBC n’était tout simplement pas trop grande pour être dirigée efficacement.
En témoignent selon son directeur général les mesures déjà prises en termes de lutte contre l’argent sale, notamment le décuplement depuis 2009 des moyens humains et financiers qui y ont été consacrés, la rupture de liens avec une centaine d’organisations ou la dénonciation de bonus accordés à certains cadres.
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