HSBC rentre dans le rang en termes d’objectifs de rentabilité

Le groupe ramène à 10% sa cible de RoE pour refléter le coût de la réglementation. Il apparaît encore loin du but vu la dérive de ses charges.
Alexandre Garabedian
Le marché s’inquiète plus des coûts de HSBC que du scandale SwissLeaks © Bloomberg
Le marché s’inquiète plus des coûts de HSBC que du scandale SwissLeaks © Bloomberg  - 

HSBC ajuste ses objectifs de rentabilité à la nouvelle norme bancaire. Le géant britannique a annoncé hier, lors de la publication de ses résultats annuels, qu’il visait désormais un retour sur fonds propres (RoE) de «plus de 10%», au lieu de 12% minimum précédemment. En conséquence, le groupe a aussi abandonné son objectif d’un taux de distribution des bénéfices compris entre 40% et 60%, pour se contenter d’une promesse de hausse «progressive» du dividende.

Les nouveaux objectifs de HSBC font rentrer la banque dans le rang. Ils la ramènent au niveau d’un BNP Paribas, qui s’est fixé un objectif de RoE supérieur ou égal à 10% en 2016. Pour établir cette prévision, HSBC se fonde sur une exigence de fonds propres durs (common equity tier one, CET1) de 12% à 13% en application complète (fully loaded).

Le groupe reste encore loin du but. Fin 2014, son CET1 fully loaded atteignait 11,1%, en hausse de 0,2 point sur un an, mais en recul de 0,3 point sur trois mois. Le rendement des fonds propres se monte à 7,3% seulement.

A tort ou à raison, les investisseurs se préoccupent d’ailleurs bien plus de ces perspectives financières que des conséquences du scandale lié aux activités passées de la banque privée en Suisse. Un sujet sur lequel le directeur général Stuart Gulliver, lui-même mis en cause pour avoir ouvert dans le pays un compte en 1998 (connu du fisc britannique), a exprimé hier sa «honte». La chute de l’action, qui a plongé de 4,63% à 577,2 pence hier, alors qu’elle n’avait perdu que 1,8% depuis la révélation des SwissLeaks le 8 février, est éloquente.

«Le groupe doit s’attaquer à son manque de contrôle sur les coûts, car les hypothèses de rentabilité structurelle ont évolué depuis le dernier plan stratégique, notent les analystes de Nomura. Les dirigeants disent viser une croissance des revenus supérieure à celle des coûts, mais la performance 2014 n’inspire pas confiance». Les charges ont augmenté de 6% en un an, dont plus d’un tiers est lié à la réglementation et à la conformité.

«Je ne crois pas que le groupe soit trop gros pour être dirigé, a plaidé hier Stuart Gulliver. Vous pouvez voir la validité du business model du côté des revenus, même si le coût de fonctionnement a clairement augmenté». Le dirigeant souligne que le gros du sujet a été traité depuis 2011, avec 77 activités abandonnées et un effectif ramené de 310.000 à 257.000 collaborateurs, mais n’a pas exclu d’autres cessions d’actifs.

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