Groupama revient à ses fondamentaux
Groupama a tourné la page de la financiarisation», a indiqué hier Thierry Martel, son directeur général. Après avoir failli chavirer en 2011 en raison de la crise de la zone euro, l’assureur mutualiste a achevé son recentrage et retrouvé une rentabilité: le résultat net atteint 283 millions d’euros, contre une perte de 589 millions en 2012.
Dans l’assurance de personnes (AP), la priorité a été accordée aux activités de risques (santé, prévoyance essentiellement) génératrices de marges, au détriment de l’épargne. Elles représentent 55% du chiffre d’affaires en 2013, contre 50% en 2012. Au sein de l’activité épargne en France, l’accent a été mis sur les fonds en unités de compte (UC), dont la proportion dans les flux et les stocks a doublé en 2013. La part des UC dans la collecte totale est passée à 28%. En 2014, le groupe affiche un objectif d’un tiers de la collecte en euros, un tiers en UC et un tiers en épargne bancaire.
Ces réorientations ont des effets sur les comptes. Le chiffre d’affaires en AP a reculé de 6,5% à 6,34 milliards d’euros en raison d’une baisse de 7,8% en France (alors que l’activité internationale progresse de 5%). Ce recul entraîne une baisse des revenus à l’échelle du groupe (-2,3%) à 13,67 milliards.
Dans l’assurance en biens et responsabilité, Groupama «a énormément travaillé à accroître sa rentabilité technique en non-vie, ce qui nous permet d’afficher un résultat positif alors que l’année nous a coûté extrêmement cher en sinistres climatiques», explique Thierry Martel. Le ratio combiné est passé de 103,1% à 100,8% grâce au recul du ratio de sinistralité (-1,9 point à 72,5%) et du ratio de frais en raison du programme d’économies lancé en 2012 (-0,5 point à 28,2%). Les frais généraux ont reculé de 174 millions d’euros en 2013. Le groupe vise un ratio de 98% en 2014.
Les sinistres climatiques représentent 7 points de ratio combiné (580 millions d’euros), contre 4,7 points un an plus tôt (soit 180 millions de plus). Ils rognent le résultat opérationnel, qui atteint 16 millions. Ils ont eu un effet «catastrophique» sur l’activité agricole de Groupama (qui représente un milliard de revenus): son ratio combiné a flambé à 120%, pénalisé par 290 millions d’euros de sinistres. «Nous réfléchissons avec les acteurs du monde agricole à une refonte du modèle de l’assurance», indique Jean-Yves Dagès, président de Groupama. Une annonce sera faite par le ministère de l’agriculture en juin.
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