Groupama n’envisage pas une vente de Gan Eurocourtage

Si toutes les hypothèses sont sur la table pour redresser une situation financière délicate, le groupe mutualiste a confirmé la volonté de conserver sa filiale
Thomas Carlat

La cession éventuelle de Gan Eurocourtage a du plomb dans l’aile. Convoitée par plusieurs concurrents, cette filiale dédiée au marché français du courtage - actuellement en cours de fusion avec Groupama Transport - a encore un bel avenir au sein de Groupama à en croire sa direction. «En ce qui concerne Gan Eurocourtage et Groupama Transport, ces sociétés ne sont pas en vente et le groupe ne souhaite pas s’en dessaisir», indique Baudouin Caillemer, directeur général de Gan Eurocourtage, dans un courrier électronique en date du 7 novembre adressé à l’ensemble de ses salariés, que L’Agefi s’est procuré. «Pour ce faire, la direction générale va mettre en œuvre des mesures visant à protéger la notation du groupe qui est essentielle pour la préservation de ses portefeuilles», ajoute-t-il, sans plus de précision.

Si toute vente de Gan Eurocourtage semble donc écartée dans l’immédiat, il n’en demeure pas moins que la direction de Groupama va devoir prendre des décisions lourdes et difficiles pour restaurer une santé financière fragilisée par son exposition à la dette souveraine grecque et aux actions (15 % de son portefeuille d’actifs). «La situation financière du groupe nécessitera probablement des mesures importantes à prendre d’ici la fin de l’année pour consolider son ratio de solvabilité», ne cache pas Baudouin Caillemer dans son courrier. De fait, lors du comité central d’entreprise exceptionnel du 3 novembre, Thierry Martel, directeur général, a indiqué que «toutes les hypothèses sont sur la table» en matière de cessions d’activités en France comme à l’étranger mais «qu’aucune décision n’a été prise».

Pour l’heure, la santé financière de Groupama suscite l’interrogation, la direction refusant de donner des indications sur sa marge de solvabilité et ses besoins de fonds propres. Pour redresser une situation tendue, l’assureur mutualiste pourrait toutefois faire appel à des investisseurs extérieurs par le biais de souscription de titres hybrides rémunérateurs mais sans droit de vote, selon Les Echos. Le quotidien économique évoque par ailleurs l’existence de «contacts informels» entre Groupama et les réassureurs Munich Re, Swiss Re et Berkshire Hathaway, holding dirigé par Warren Buffet. Contacté par L’Agefi, Groupama n’a pas souhaité faire de commentaire. De même, à l’occasion de la présentation de ses résultats trimestriels, Munich Re s’est refusé à commenter cette information.

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