Les assureurs livrent de premières estimations du coût de la tempête Aline
Les Alpes-Maritimes, un cas d'école. Alors que le gouvernement et les assureurs planchent sur l’assurabilité des risques climatiques, les vallées de la Roya, la Tinée et la Vésubie, dans l’arrière-pays niçois, ont été touchées les 18 et 19 octobre par un nouvel épisode de vents violents et de pluies torrentielles, trois ans seulement après la tempête Alex.
Cette dernière, qui avait privé des centaines de foyers d'électricité et d’eau courante et coûté la vie à une vingtaine d’habitants, avait causé des pertes assurées de 217 millions d’euros pour le marché de l’assurance, pour un total de 13.690 sinistres. A en juger par les premières déclarations de sinistres, la tempête Aline sera un événement de moindre ampleur, bien que les dommages, localement, soient importants.
A lire aussi : Le programme de notre évènement du 9 novembre dédié aux assureurs
5 à 7 millions d’euros attendus pour le Crédit Agricole
Pour le Crédit Agricole, «l’évènement a eu une ampleur moindre que redoutée avec 2.500 sinistres ouverts et une projection finale inférieure à 3.000 sinistres».
Les coûts estimés par Pacifica, la filiale d’assurance dommages de Crédit Agricole Assurances, seraient compris entre 5 et 7 millions d’euros.
Une facture de 425.000 euros pour Groupama
Le mutualiste Groupama, quatrième assureur habitation et automobile, s’est livré à de premières estimations. Au 26 octobre, il a recensé 250 dossiers de sinistres ouverts pour un coût brut - hors réassurance - estimé à 425.000 euros. Ces estimations, une semaine après le passage de la tempête, sont bien sûr encore susceptibles d'évoluer. A titre de comparaison, la tempête Alex en 2020 avait coûté près de 19 millions d’euros à Groupama.
Les dommages sont, pour la moitié, causés par les effets du vent, avec, pour les habitations, des toitures endommagées et, en automobile, des bris de vitres ou des carrosseries affectées par les projections de branches ou d’objets. Un tiers des dommages déclarés auprès de Groupama sont des dégâts des eaux causés notamment par les infiltrations.
L’assureur, très actif dans la prévention des risques au travers de son partenariat avec Predict services, une filiale de Météo France, a envoyé 136.000 messages d’alerte à ses clients, particuliers, professionnels et collectivités locales, en amont de l'événement. Ces consignes données aux assurés permettent de limiter l’ampleur des dommages. Toujours dans le cadre de ce partenariat, près de 8.000 communes ont été placées en vigilance par Predict.
A lire aussi : Sécheresse : les propositions du réassureur public pour sauver le régime de catastrophes naturelles
Plus d'articles du même thème
-
La dérive des prestations de santé s’accélère
Sur les cinq premiers mois de l’année, le montant moyen des prestations de santé par bénéficiaire augmente de 5,3% par rapport à la même période un an plus tôt selon WTW. Un constat alarmant qui pose une fois de plus la question de la soutenabilité financière du système de santé français et de la répartition des charges. -
L'Eiopa boucle sa revue de Solvabilité II en vue d'une application début 2027
Le régulateur européen des assureurs a livré le 15 juillet 2026 les huit derniers textes de son mandat de revue de la directive. -
Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
L'assureur cède ses 10% du capital du numéro un français du capital-investissement, dont il continuera à souscrire les fonds. Les ACM portent leur participation à 23%, et le fonds new-yorkais Wafra, entré l'an dernier, monte au capital.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- Les créanciers d’Altice International contre-attaquent
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur du luxe amorce une reprise au deuxième trimestre
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF CapitalisationSouveraineté industrielle : l'urgence de la capitalisation
Après le rachat de LMB Aerospace par un groupe américain, Sébastien Lecornu avait chargé trois parlementaires d'évaluer l'arsenal français dans un contexte de guerre économique mondiale. L'Opinion dévoile en exclusivité leurs recommandations -
Bouche-trouParis : logements vacants et meublés de tourisme surtaxés dès 2027
Le Conseil de Paris a voté la semaine dernière deux nouvelles mesures fiscales défavorables aux propriétaires, alors que les recettes sont plombées par un marché immobilier atone -
EditorialAvantage en nature chez EDF : le scandale des rentiers de l'Etat-providence
La France soi-disant ultra-libérale est bonne fille : ce droit octroyé en 1947 n'a pas été révisé depuis 1951