Groupama est invité à accélérer ses cessions d’actifs
Groupama doit encore convaincre. Après l’annonce d’une perte historique de 1,8 milliard en 2011, l’assureur s’est engagé à redresser sa marge de solvabilité à 140% environ en 2014, contre 107% à fin décembre. Le redressement des marchés et la nette amélioration de sa rentabilité opérationnelle l’y aident. Les quelques mesures annoncées – économies de 400 millions d’euros, projet de vente de Gan Eurocourtage, des activités britanniques ou du private equity – laissent en revanche sur leur faim certains observateurs.
«Nous avons le sentiment que les dirigeants de Groupama se reposent sur le soutien implicite de l’Etat et sur l’amélioration des marchés pour renforcer le ratio de solvabilité», note Philippe Picagne, l’analyste de CreditSights. Celui-ci appelle à des mesures de réduction de bilan plus rapides et ambitieuses. Sur le marché obligataire, les trois lignes Groupama, en hausse sur 2012, se traitent entre 41% et 62% du pair, contre 75% à 105% il y a un an, selon Markit. Vendredi, Fitch a maintenu la note à BBB avec perspective négative.
Entre fin décembre et le 1er mars, le portefeuille d’actifs de l’assureur est passé d’un milliard d’euros de moins-values à 1,9 milliard de plus-value latente. L’amélioration vient du portefeuille obligataire (de -2,9 à -1 milliard) et des actions (de -700 millions à + 300 millions), tandis que les plus-values latentes sur l’immobilier restent inchangées (2,6 milliards). Groupama reste donc à la merci d’une correction des marchés.
Pertes oblige, la qualité du capital de l’assureur s’est quant à elle dégradée. Ses fonds propres durs (hors titres hybrides tier one) ont fondu de 3,3 à 1,9 milliard d’euros, et sont désormais inférieurs à la dette subordonnée (2,2 milliards). «Cette situation n’est pas tenable à moyen terme», juge Philippe Picagne. L’analyste affirme par ailleurs que Groupama a tiré fin 2011 à hauteur de 800 millions d’euros sur une ligne de crédit «pour amortir les ventes d’actifs à un moment où il aurait pu faire face à des retraits dans son activité vie». Les clients sont finalement restés fidèles.
Autre faiblesse, la taille des écarts d’acquisition, dépréciés à hauteur de 90 millions seulement sur un total de 3,1 milliards. Groupama ne pouvait pas œuvrer davantage, au risque de faire passer sa solvabilité sous le seuil fatidique des 100%. Mais ce stock de survaleurs compliquera la tâche de l’assureur lorsqu’il voudra céder des filiales sans enregistrer de pertes.
Plus d'articles du même thème
-
ChinaAMC et KB Asset Management entament une collaboration
Le gestionnaire d’actifs chinois China Asset Management Co. (China AMC) et son homologue sud-coréen KB Asset Management (KBAM) ont signé un protocole d’entente visant à initier une coopération entre les deux entités. -
Anthropic recherche un responsable des investissements et de la liquidité
Le propriétaire du modèle d'intelligence artificielle Claude veut recruter un allocataire avec plus de dix ans d'expérience dans la gestion de portefeuille obligataire, la finance d'entreprise ou la trésorerie. -
Feri nomme un directeur adjoint des investissements
La société de gestion allemande Feri a promu Wolfgang Baums au poste de directeur adjoint des investissements. Il prendra ses fonctions le 1er juillet et travaillera aux côtés de Marcel Lähn, lequel va devenir président du conseil exécutif de la firme en parallèle de ses fonctions de directeur général et des investissements.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
Accord Iran-Etats-Unis : Trump affirme avoir obtenu des concessions que Téhéran dément
Donald Trump assure que l’Iran a accepté des concessions majeures sur le nucléaire, les avoirs gelés de la République islamique et le détroit d’Ormuz. Mais plusieurs de ces engagements ne figurent pas dans le protocole d’accord et sont contestés par Téhéran -
La Fabrique de l'OpinionNatacha Polony : « A force de vouloir jouer les bons élèves européens, nous avons abandonné la défense de nos intérêts »
Natacha Polony : « Aller vers plus de fédéralisme dans l'état actuel de l'Europe, avec certains pays qui sont les chevaux de Troie de la Chine ou des Etats-Unis, serait absolument irresponsable » -
Dans le vifRapport sur les finances publiques : le dilemme des experts mandatés par le gouvernement
Les quatre économistes chargés de contribuer à la prise de conscience des parlementaires sur l'état des finances publiques sont chargés d'établir un tendanciel de dépenses et de recettes à politique inchangée de 2027 à 2030. Ce qui suppose de faire des arbitrages méthodologiques. Le rapport doit être rendu le 10 juillet