Groupama diversifie opportunément ses protections
Groupama a pu bénéficier du redressement de sa situation financière. L’assureur mutualiste a en effet émis 280 millions d’euros d’obligations catastrophes («cat bonds») dans des conditions très favorables: elles sont assorties d’un coupon de 2,75%.
L’obligation, placée par Swiss Re Capital Markets et émise par une entité irlandaise baptisée Green Fields II Capital Limited, couvrira les risques liés aux tempêtes en France entre le 2 juillet 2013 et le 31 décembre 2016. Le collatéral de cette émission est une obligation structurée dédiée émise par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), notée AAA par S&P, Moody’s et Fitch.
«Il s’agit de la plus importante émission en euros tous émetteurs et tous risques confondus; une performance d’autant plus notable que le niveau de spread obtenu est le plus bas de l’ensemble des émissions de cat bonds tempête sur le continent», indique à L’Agefi Christian Collin, directeur général délégué de Groupama. La réponse des investisseurs a en effet dépassé ses attentes: l’assureur comptait lever à l’origine 150 millions d’euros et avait fixé une fourchette de coupon comprise entre 2,75% et 3,25%.
Plusieurs éléments expliquent ce succès. «L’environnement de taux bas incite les investisseurs non spécialisés à se développer dans les cat bonds, qui procurent des rendements attirants et décorrélés de l’évolution des marchés financiers. Les investisseurs spécialisés, exposés aux cyclones américains à près de 85%, cherchent quant à eux à diversifier leur risque», explique Christian Collin. En outre, la période de la mi-année est opportune: les assureurs européens sollicitent en général les investisseurs en fin d’année, qui correspond au renouvellement de leurs traités de réassurance.
En faisant appel au marché, l’opération permet à Groupama de diversifier ses protections. Les 280 millions de Green Fields II complètent Green Field I, émis en décembre 2011 pour 75 millions d’euros et une durée de quatre ans. En 2008 et 2010, Groupama avait déjà émis deux obligations catastrophes, arrivées à échéance depuis (Green Valley I et II pour 200 et 100 millions d’euros).
Mais pour l’heure, son portefeuille de protection demeure très majoritairement constitué de contrats de réassurance. «Concernant le plafond de réassurance, Groupama se couvre contre la survenance d’un sinistre dit bicentenaire», indique Christian Collin, sans préciser le montant du plafond.
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