Groupama boucle ses négociations sur le plan d'épargne groupe
Si la décision définitive d’introduire Groupama en Bourse n’est pas encore prise, les négociations avec les partenaires sociaux avancent en vue de constituer le plan d’épargne groupe (PEG), qui permettrait aux salariés de participer à une éventuelle opération. Il s’agit pour l’instant d’un véhicule juridique vide qui ne sera alimenté que le jour de la cotation.
«Les discussions sont quasiment terminées. Nous avons une dernière réunion le 22 novembre, qui sera une séance de relecture du texte de l’accord», a indiqué hier Isabelle Calvez, directrice des ressources humaines de la structure groupe, lors de la présentation du baromètre d’opinion réalisé avec Ipsos auprès des 39.000 collaborateurs de l’assureur mutualiste à travers le monde.
Le principe d’un abondement a été retenu afin d’offrir aux salariés un prix préférentiel. En l’état actuel des négociations, il est prévu un abondement de 1.900 euros pour 2.000 euros d’achat d’actions, soit un ratio de quasiment 100%. Il s’agit d’un plan mondial, qui ne sera valable qu’au moment de l’émission primaire. «Il s’agit d’une forme de rémunération supplémentaire, qui a été bien accueillie par les salariés et les partenaires sociaux», estime Isabelle Calvez.
Cela dit, les collaborateurs dans certains pays ne pourront bénéficier du PEG, pour des raisons juridiques nationales, comme au Vietnam par exemple. «Dans ce cas, nous trouverons une forme de compensation, comme des primes», précise la directrice des ressources humaines.
Lors de la présentation des résultats semestriels de Groupama en août dernier, Christian Collin, directeur général finance et risques, avait écarté l’idée d’une introduction en Bourse du groupe à court terme. Il avait également précisé que l’opération, lorsqu’elle interviendra, aurait pour but de soutenir de la croissance externe du groupe.
Par ailleurs, Isabelle Calvez a indiqué que le plan triennal de recrutement se déroulait conformément aux objectifs. Groupama aura recruté 3.000 personnes en 2010 (soit 600 postes en création nette) et devrait faire de même en 2011 et 2012. A l’étranger, le rythme annuel atteint 1.500 embauches. Le groupe compte 39.000 collaborateurs à travers le monde.
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Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse