Gras Savoye est confronté à une recrudescence de départs à tous les niveaux
Les départs s’accumulent chez Gras Savoye. Mercredi, le courtier en assurance a perdu un nouveau membre de son état-major en la personne de Philippe Sorret. Arrivé en février 2012 et nommé directeur général délégué en mai, ce dernier rejoindra Groupama comme directeur des filiales France et directeur général de Groupama Gan Vie «d’ici la fin de l’année», a annoncé François Varagne, directeur général de Gras Savoye, dans un courrier électronique adressé aux collaborateurs que L’Agefi s’est procuré.
«Ce départ nous inquiète car il était le dernier au sein de la direction générale à bien connaître le secteur de l’assurance», ont commenté deux responsables syndicaux. Une défection qui fait suite à celles de plusieurs personnalités dont Patrick Werner, débarqué du poste de directeur général en avril ou, plus récemment, de la directrice des ressources humaines et de la directrice de la communication.
L’inquiétude est d’autant plus forte que le climat social semble particulièrement tendu chez Gras Savoye. Selon ces mêmes sources syndicales, environ 118 départs sont ainsi survenus au siège du courtier depuis le début de l’année par le biais de ruptures conventionnelles ou de licenciements non économiques. Ce contexte a conduit les instances syndicales à déclencher un droit d’alerte en juin dernier afin d’obtenir des détails sur la situation économique du groupe. Las, le comité central du 6 septembre n’a pas permis de lever tous les doutes. «Les réponses apportées par la direction ont été insuffisantes ou ont confirmé le caractère préoccupant de la situation de l’entreprise», a indiqué une source syndicale.
La direction a cependant reconnu une baisse de chiffre d’affaires dans l’activité dédiée aux grandes entreprises, «ce qui pourrait avoir des conséquences humaines», selon une source syndicale. «La direction a même reconnu que le plan d’activité 2009-2014 est aujourd’hui irréaliste et qu’un nouveau plan devait être présenté aux actionnaires le 12 septembre, sans donner plus de détails», a précisé cette même source qui déplore le mutisme de la direction.
Prolongeant le droit d’alerte, les organisations syndicales ont mandaté un expert indépendant, dont la lettre de mission devait être signée hier, afin d’avoir des précisions sur la situation économique de la société. Contactée par L’Agefi, la direction de Gras Savoye n’a pas souhaité faire de commentaire.
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