Goldman Sachs pare au Brexit avec un hub de trading à Paris
Goldman Sachs a annoncé mardi son intention de lancer d’ici au 4 janvier à Paris sa plate-forme de trading d’actions, baptisée Sigma X Europe, sous réserve de l’obtention des autorisations nécessaires. La banque compte ainsi éviter à ses clients des problèmes liés à la fin de la période de transition du Brexit, alors que le Royaume-Uni et la Commission européenne ne sont toujours pas parvenus à un accord sur le cadre de leur future relation.
« Nous voulons nous assurer que nos clients continuent d’avoir accès à toutes nos principales sources de liquidités après le Brexit », a déclaré Liz Martin, codirectrice mondiale du trading électronique de contrats à terme et d’actions chez Goldman Sachs.
Sigma X est la plate-forme multilatérale de négociation (MTF) de la banque américaine, qui croise les ordres d’achat et de vente provenant à la fois d’acteurs externes et d’autres entités du groupe Goldman Sachs. Elle traite environ 0,4 % des volumes totaux sur les actions européennes. Goldman Sachs conservera sa plate-forme Sigma X à Londres. A Paris, Sigma X Europe MTF sera le hub pour les clients situées dans l’Union européenne. La plate-forme accueillera toutes les sociétés européennes réglementées par la directive MIF 2 et cotera des instruments européens sur 15 marchés.
Règles allégées pour les produits dérivés
Bruxelles souhaite que les investisseurs européens utilisent une plate-forme basée au sein de l’UE pour échanger des actions libellées en euros, ce qui oblige les acteurs du secteur à être présents aussi bien à Londres que dans l’Union. Le Royaume-Uni, pour sa part, permet à tous les acteurs britanniques de traiter sur des plates-formes européennes.
Les préparatifs s’accélèrent dans le secteur des marchés en vue de la date fatidique. Lundi soir, les trois autorités européennes des marchés (Esma), des banques (EBA) et des assurances et fonds de pension (Eiopa) ont publié un texte qui permet aux acteurs de l’UE ayant noué des transactions sur produits dérivés avec une contrepartie britannique de se préparer au monde post-Brexit sans pénalités. La novation des transactions, avec le remplacement de la contrepartie britannique par une contrepartie située dans l’UE, ne déclenchera pas d’appels de marge bilatéraux sous certaines conditions.
Dans la même optique, la société immobilière britannique Segro, cotée à Londres, a concrétisé mardi sa double cotation avec un listing sur le compartiment A d’Euronext Paris.
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