Goldman Sachs joue la prudence sur les rémunérations
Goldman Sachs a soufflé le chaud et le froid sur Wall Street hier à l’occasion de la publication de ses résultats du troisième trimestre. Les observateurs se sont en premier lieu montrés sensibles au recul attendu des revenus dans le courtage, et surtout celui des produits de taux, après les appels à la prudence lancés depuis quelques mois par les grands acteurs mondiaux et la confirmation d’un été morose à la lecture des résultats déjà publiés. Cela sur fond de frilosité des investisseurs face à l’attitude incertaine de la Fed pendant l’été.
Goldman Sachs n’a pas échappé à ce recul d’activité, qui s’est traduit dans ses comptes par un plongeon de 44% à 1,25 milliard de dollars sur trois mois à fin septembre des commissions perçues par son pôle de trading obligataire, devises et matières premières (FICC, fixed income, currency and commodities). Côté actions, la baisse a atteint 18% à 1,62 milliard. Goldman Sachs a ainsi perdu une manche face à ses principaux concurrents, moins dépendants du trading, avec un recul de 32% de ses revenus sur ce segment d’activité contre des baisses de 26% chez Citigroup, de 20% chez Bank of America ou de 8% chez JPMorgan.
En parallèle, la banque a subi un repli de 18% de son activité en compte propre (1,48 milliard), parvenant à afficher une progression de 2% côté gestion d’actifs (1,22 milliard). Les revenus en banque d’investissement se sont révélés tout aussi contrastés. Alors que la banque se targue de la première place mondiale tant pour le conseil en fusions-acquisitions que pour les émissions d’actions et les introductions en Bourse, le segment de conseil financier a concédé une baisse de 17% de ses revenus à 423 millions de dollars, l’activité d’émission a progressé de 13% (+46% sur les actions à 276 millions, stable sur la dette à 467 millions).
Etant donné des charges d’exploitation en baisse de 25% à 4,56 milliards, le résultat net est quasi stable à 1,52 milliard. Signe de prudence pour les mois à venir, Goldman Sachs a en particulier réduit de 35% à 2,38 milliards de dollars le montant alloué sur le trimestre écoulé aux charges de personnel, qui tient compte des bonus à verser au titre de l’exercice complet. Pour les neuf premiers mois de l’année, ces charges sont en baisse de 5% (10,42 milliards) pour des revenus en progression de 2% (25,42 milliards).
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