Generali mutualise sa production informatique en Europe
Generali avait insisté lors de sa journée «investisseurs» à Londres le 27 novembre sur les baisses de coûts dans l’informatique. Un chantier bien avancé, et qui aura des répercussions en France. L’assureur italien prévoit en effet de mutualiser la gestion des infrastructures informatiques de ses six principaux marchés en Europe, qui comprennent aussi l’Allemagne, la République tchèque, l’Autriche, et la Hongrie. Un projet, GTech, qui rappelle la création d’Axa Tech par Axa, au début des années 2000.
«Le groupe Generali consacre près de la moitié de ses dépenses IT annuelles de 1,4 milliard d’euros à la production informatique. La mutualisation des infrastructures dans six pays qui représentent les trois quarts du budget permet de réaliser des économies. Elle a déjà été mise en œuvre par nos grands concurrents», explique Roland Sire, DSI de Generali France.
La production informatique relève aujourd’hui de la responsabilité des implantations locales, avec des synergies limitées et des outils propres à chaque pays. Dans l’Hexagone, où des synergies dans les mainframes (les gros serveurs) ont déjà été nouées avec l’Italie, le budget annuel de la production tourne autour de 85 millions. L’assureur de Trieste attend du projet 130 millions d’euros d’économies au niveau du groupe, ce qui équivaudrait à 22% de la base de coûts.
GTech passera par la création d’un consortium de droit italien, doté de succursales dans chaque pays où seront transférés les actifs. Les centres de données de l’assureur verront leur nombre passer de 12 à 2, l’un à Aachen en Allemagne, l’autre à Mogliano près de Trieste. Les deux datacenters logés en région parisienne, qui étaient loués et ne pouvaient pas s’agrandir, disparaîtront donc. Enfin, Generali souhaite faire un vrai centre de services partagés, où des équipes françaises pourraient par exemple travailler pour des projets concernant d’autres implantations.
Hors prestataires externes (quelques dizaines en France), la réorganisation concerne un millier de collaborateurs du groupe, dont 180 dans l’Hexagone. Les salariés seront juridiquement mis à disposition de la succursale GTech à partir de mi-2014 pour une durée de trois ans, sans changement de leurs conditions d’emploi et de rémunération. Reste que le sort des informaticiens au-delà de cette échéance préoccupe syndicats de la compagnie, qui rencontreront Eric Lombard, nouveau patron de Generali France, ce vendredi.
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