Generali lève une hypothèque de taille sur sa stratégie en Europe de l’Est
Mario Greco imprime sa marque chez Generali. Le nouvel administrateur délégué, nommé en août, a annoncé hier le rachat des 49% que l’assureur italien ne détenait pas dans sa coentreprise en Europe de l’Est. Après le versement de 2,5 milliards d’euros au fonds PPF, contrôlé par le milliardaire tchèque Petr Kellner et basé aux Pays-Bas, il deviendra maître de ses opérations dans la région en contrôlant 100 % de Generali PPF Holdings (GPH). Cette joint venture était née en 2007 de l’addition des actifs de Generali et de PPF dans la zone. A fin 2011, elle totalisait 4 milliards d’euros de primes brutes et 14 millions de clients.
La reprise en main de Generali se déroulera en deux temps. L’assureur va acquérir 25% des parts détenues par PPF d’ici au 28 mars prochain, puis le solde au plus tard fin 2014. En parallèle, un échange d’actions avec PPF va permettre à Generali de porter à 38,5% sa participation dans l’assureur russe Ingosstrakh. PPF va en retour récupérer les parts de Generali dans deux de ses véhicules de capital-investissement. Le fonds néerlandais va aussi reprendre les activités d’assurance crédit de GPH en Russie, en Ukraine, en Biélorussie et au Kazakhstan pour un total de 80 millions d’euros.
Une hypothèque pesait jusqu’alors sur la stratégie de Generali en Europe de l’Est, son quatrième marché après l’Italie, la France et l’Allemagne. PPF avait en effet la possibilité de céder ses parts dans GPH à un tiers d’ici à 2014. L’opération annoncée hier «écarte toutes les incertitudes sur notre stratégie de développement en Europe centrale et orientale et sur les ressources nécessaires au groupe pour la mettre en œuvre», a assuré Mario Greco dans un communiqué. Generali va en effet financer la première tranche du rachat de GPH grâce à sa récente émission obligataire à 30 ans. Pour la seconde, le groupe exclut le recours à une aide extérieure, écartant le scénario d’une augmentation de capital déjà démenti cet été.
En progression de 1,7% après l’annonce de l’accord avec PPF, le titre de Generali a clôturé hier en hausse de 0,84 % à la Bourse de Milan. Les investisseurs attendent d’autres preuves du redressement du groupe. L’assureur de Trieste a indiqué qu’il s’apprêtait à recevoir des offres pour sa banque privée suisse, BSI, et pour son activité de réassurance aux Etats-Unis. Il pourrait en dire plus lundi prochain, lors de sa journée investisseurs.
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