Generali cherche à accélérer son développement dans les pays émergents
Generali a tiré un trait sur ses errements du passé. Sous un soleil de plomb, son assemblée générale s’est déroulée, une fois n’est pas coutume, sans heurts ni coups de théâtre. Malgré leurs critiques sur la réduction de moitié du dividende (de 0,45 à 0,20 euros en un an), les actionnaires ont approuvé à 99 % les comptes 2011 de l’assureur, marqués par une chute de 50 % du bénéfice net à 856 millions d’euros suite à un milliard d’euros de dépréciations d’actifs. «Je suis très satisfait de cette assemblée générale», n’a pas caché Gabriele Galateri, président de Generali depuis un an, dont le mandat a été prolongé par le conseil d’administration.
En revanche, le directeur général du groupe italien, Giovanni Perissinotto, n’a pas eu la partie facile. Dans un entretien au Corriere della Sera, Leonardo Del Vecchio, patron de Luxottica et actionnaire à 3 % de Generali, a tout simplement réclamé sa démission. Fustigeant sa gestion financière de la compagnie, qui aurait fait perdre au titre «les deux tiers de sa valeur en cinq ans et 34 % sur un an», Leonardo Del Vecchio a surtout critiqué l’investissement avec le groupe financier tchèque PPF dans la coentreprise Generali-PPF, créée en 2007. «C’est une grande opération qui nous donne une forte présence dans 13 pays d’Europe de l’Est, s’est défendu Giovanni Perissinotto. Depuis 2007, le résultat opérationnel de cette structure est passé de 48 à 500 millions d’euros.» Generali n’exclut d’ailleurs pas de racheter les 50 % de son partenaire dans cette coentreprise à l’issue de leur accord qui court jusqu’en 2014.
De fait, cette entité constitue la pierre angulaire de la stratégie de la compagnie qui entend accélérer son développement à l’international en misant sur les marchés émergents d’Europe de l’Est, d’Asie et, enfin, d’Amérique du Sud où le groupe cherche «un partenariat fort au Brésil». Si 70 % de ses revenus proviennent aujourd’hui de trois pays (Italie, France, Allemagne), Generali entend réduire cette part à 50 % dans les dix ans à venir.
Sans attendre, l’assureur peut s’enorgueillir d’avoir enregistré une nette progression de son activité au premier trimestre, affichant 19,8 milliards de primes à fin mars, soit une hausse de 6,1 % sur un an. Espérant des marchés financiers moins volatils que l’an dernier, Generali anticipe désormais un bénéfice net compris entre 1,5 et 1,8 milliard d’euros en 2012.
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