Emporiki voit sa situation financière se dégrader au premier trimestre
Emporiki promet encore quelques maux de tête à Crédit Agricole SA, qui publie ses résultat vendredi. La filiale grecque du groupe a annoncé une dégradation de sa situation financière entre fin 2010 et fin mars 2011, avec une perte nette creusée de 24% à 160 millions d’euros. Coût du risque, revenus, liquidité: ces trois indicateurs dérapent, «dans un environnement très exigeant», reconnaît Alain Strub, le directeur général de l’établissement.
Le front de la liquidité reste problématique. Au premier trimestre, les banques grecques ont perdu 8 milliards d’euros de dépôts. En pleine cure d’austérité, les ménages puisent dans leur épargne pour financer leurs dépenses. Emporiki affichait à fin mars un ratio de prêts sur dépôts supérieur à 200%, contre 168% il y a un an. Le recours au financement BCE étant «marginal», le Crédit Agricole comble l’impasse de liquidité de sa filiale, soit 11 milliards d’euros. Un niveau qu’Emporiki espère stabiliser.
La banque grecque, qui pèse 8,3% du marché en crédits, s’efforce d’aller chercher de la liquidité avec de nouveaux produits. Reste que «la compétition s’est faite au premier trimestre en montant le niveau des taux d’intérêt sur les dépôts, et bien que nous n’y participions pas de manière très active, nous sommes obligés d’adapter nos taux», explique Alain Strub. Les revenus d’intérêts, en hausse de 4% sur un an, ont ainsi reculé de 6,5% par rapport à fin décembre.
Quant au coût du risque, après deux trimestres de baisse, il remonte à 221 millions d’euros. Depuis, le taux de passage des dossiers sensibles en défaut a ralenti, note Alain Strub. Mais Emporiki a déjà «consommé» en un trimestre la moitié de l’enveloppe de 450 millions de coût du risque qu’elle anticipait dans son plan de redressement mis à jour en juin 2010.
«Le plan est toujours valable et prévoit un retour à l’équilibre courant 2012», rappelle Alain Strub, qui se refuse cependant à confirmer le point de passage à 150 millions de perte nette en 2011. «L’année ne sera pas à quatre fois les résultats du premier trimestre», estime le dirigeant, en ajoutant «qu’aucune nouvelle augmentation de capital n’est pour l’instant prévue.» Alors que la presse grecque évoquait vendredi un accord entre CASA et la Banque de Grèce pour qu’Emporiki bénéficie d’avances d’actionnaires de 750 millions d’ici au 30 septembre, il faudra attendre les résultats à fin juin pour décider d’une éventuelle rallonge.
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