Dexia veut disperser les doutes sur le rythme de sa restructuration
Coup de froid pour Dexia. Son titre a perdu 3,3% hier, à la suite d’un article du Figaro selon lequel la Commission européenne reprocherait à la banque franco-belge de ne pas respecter le plan de restructuration négocié en février 2010, en contrepartie des aides publiques reçues fin 2008 au plus fort de la crise financière. Dans une lettre envoyée à ses actionnaires, Bruxelles aurait mis Dexia en demeure de s’y conformer d’ici au mois de juin. Concrètement, la banque pourrait être obligée d’accélérer la cession de ses actifs, dont les 112 milliards d’euros d’actifs à risque.
Dexia conteste la nature comminatoire prêtée par le quotidien à la communication de la Commission. «Dexia a indiqué clairement que le plan de restructuration serait accéléré autant que possible en 2011», explique un porte-parole.
Selon le plan, Dexia a par exemple jusqu’au 31 octobre 2012 pour céder ses 70% dans l’italien Crediop et jusqu’au 31 décembre 2013 pour vendre ses 60% dans Dexia Sabadell. Des échéances qui paraissent gérables. La banque a vendu ses 20% dans le Crédit du Nord à la Société Générale fin 2010 et vient de clore la cession de Dexia Banka Slovensko. Son président Pierre Mariani espère conclure celle de l’assureur turc Deniz Emeklilik au deuxième semestre et vient d’entrer en négociation exclusive pour Dexia Israël.
Concernant le portefeuille obligataire, Bruxelles exige entre 10 et 20 milliards d’euros par an de cession en 2010 et 2011. Dexia a déclaré avoir vendu 8,3 milliards d’euros d’actifs au 26 avril 2011, «soit plus de la moitié du programme envisagé pour l’année». «A la fin avril, environ les trois quarts de l’objectif de cession des actifs (80 milliards d’euros) à l’horizon 2014 ont été réalisés», affirme la banque.
La Commission demande également une réduction de 35% du bilan de Dexia entre fin 2008 et fin 2014. Sur ce dernier point, la banque est dans les clous. Son bilan au 31 mars atteint 527 milliards d’euros (-10% sur un an) et se situe dans la fourchette prévue au 31 décembre 2011 (485-545 milliards).
En terme d’impact, «la cession des 112 milliards d’euros d’actifs à sa valeur au 31 mars 2011 réduirait, selon nos hypothèses, le ratio de fonds propres durs core tier1 de Dexia de 3 à 4 points de pourcentage. Ce ratio atteindrait de 8,2% à 9,1%, contre 12,3% aujourd’hui, ce qui reste supérieur au plancher de 7% exigé pour 2018 par le Comité de Bâle», tempère Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue.
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