Dexia reste dans le brouillard
L’assemblée générale de Dexia, qui s’est déroulée la semaine dernière, a apporté peu de réponses. La victoire de François Hollande dernier à l'élection présidentielle a indirectement provoqué la suspension momentanée des décisions concernant le démantèlement ordonné de Dexia, jusqu’à l’intronisation du candidat socialiste. La surprise de certains investisseurs à la lecture des pertes de 431 millions d’euros affichées par l’établissement franco-belge au premier trimestre est anecdotique.
Le démantèlement de Dexia sera l’un des premiers dossiers épineux de François Hollande. Selon Le Monde, l’équipe du prochain président français s’est enquise de la situation auprès de l’Elysée. Et pour cause: le gouvernement belge, qui contrôle 60% de la banque, ne veut plus assumer le programme de garanties d’Etat au prorata de sa participation, imputant la responsabilité des déboires de Dexia à la partie française. Selon le quotidien du soir, il revendiquerait une part d’environ 50%.
Le deuxième plan de résolution élaboré à l’automne dernier par les gouvernements belge, français et luxembourgeois –mais qui n’a toujours pas reçu l’approbation du Commissariat européen à la concurrence– comprend une garantie de financement de 90 milliards d’euros. En attendant de prendre sa décision, Bruxelles a autorisé l’émission d’un maximum de 45 milliards d’euros de dette garantie jusqu’au 31 mai. «Il est peu probable que [les discussions] aient abouti le 31 mai 2012, ce qui impliquerait une extension de l’accord temporaire sur la garantie», juge Dexia dans son communiqué.
Les revendications de l’Etat belge s’ajoutent à d’autres problèmes soulevés outre-Quiévrain, auxquels l’assemblée générale de Dexia, qui s’est tenue hier à Bruxelles, n’a pas permis de répondre. L’un d’eux concerne la démission de Pierre Mariani, le président du comité de direction de Dexia. S’il a, comme le président du conseil d’administration Jean-Luc Dehaene, remis son mandat à disposition du conseil, il a démenti tout départ anticipé –quand bien même Karel De Boeck est le candidat officiel de l’Etat belge à sa succession. Son mandat prend fin en mai 2013. La prime que Pierre Mariani toucherait s’il était débarqué a échauffé les esprits. «Il y aura une négociation au moment où monsieur Mariani sera remplacé. Toute décision devra être prise par les deux gouvernements», a répondu Jean-Luc Dehaene.
Autre rumeur, celle d’une probable recapitalisation évoquée par le gouverneur de la Banque centrale de Belgique, Luc Coene, lors d’une audition à huis clos et rapportée par la presse belge. Là encore, le président estime que les déclarations prêtées au gouverneur sont de l’ordre de l’éventualité et ne fixent aucun calendrier.
Pour corser le tout, les comptes de Dexia affichent une perte nette de 431 millions d’euros au premier trimestre. Les garanties des Etats représentent un coût trimestriel de 128millions d’euros.
Le représentant de la Région flamande a déclaré ne pas avoir suffisamment d’informations pour s’exprimer sur la décharge aux administrateurs (qui protège ces derniers de toute action en responsabilité de la part de la société) et a demandé le report du vote. En vain. La décharge a été adoptée en dépit d’une abstention massive, de même que les comptes et le rapport de rémunération.
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