Dexia rassure malgré un héritage de la crise encore lourd
Le marché a voulu voir au-delà des apparences. Le cours de Dexia a clôturé en hausse de 3,2% hier à la suite de la publication de comptes trimestriels pourtant en forte baisse. L’avancement de sa restructuration masque en effet l’amélioration du profil de ses activités opérationnelles.
Toutes les principales lignes du compte de résultats ont souffert par rapport au premier trimestre 2010: les revenus (-24% à 1,13 milliard d’euros), le bénéfice avant impôts (-46% à 174 millions), comme le résultat net part du groupe (-68% à 69 millions). Car la banque franco-belge a poursuivi son «plan de transformation» imposé par Bruxelles à la suite de sa recapitalisation pendant la crise.
Le pôle Legacy (dont les actifs ont vocation à être vendus) a ainsi enregistré une perte avant impôts de 247 millions d’euros au premier trimestre –contre un gain de 123 millions un an plus tôt. Un différentiel lié à une plus-value exceptionnelle enregistrée en 2010 et liée à la cession d’Assured Guaranty. En outre, la vente d’actifs a généré 61 millions de pertes supplémentaires et 37 millions de pertes de marges sur actifs cédés ou amortis. Le côté positif de ce travail est le recul de 22% des engagements inscrits au bilan (à 122 milliards).
A l’échelle du groupe, 7,4 milliards d’euros d’actifs ont été cédés au 31 mars, avec un taux nominal de perte de 0,9%. «Au 26 avril, ce montant a atteint 8,3 milliards, soit plus de la moitié du programme de cessions pour l’année», indique Pierre Mariani, président du comité de direction. A la fin du mois d’avril, Dexia a atteint les trois quarts de l’objectif final (80 milliards) prévu pour 2014. Ces mesures ont contribué à la diminution du bilan du groupe de 40 milliards au premier trimestre et à la réduction de 15 milliards de son besoin de liquidité à court terme à 104 milliards.
Les activités pérennes, regroupées dans le pôle «Core division», affichent elles une santé relativement bonne. Des provisions quasiment nulles (à 4 millions), ainsi qu’une activité soutenue en Gestion et services ont permis un doublement du résultat avant impôt, à 421 millions.
Par ailleurs, Pierre Mariani a précisé qu’une restructuration de la dette grecque (à laquelle Dexia est exposée au hauteur de 3,7 milliards d’euros d’encours) serait supportable au regard de la solvabilité de la banque, dont le ratio Tier 1 a atteint 13,4% au 31 mars (en hausse de 0,3 point).
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