Dexia paye le prix fort pour assainir ses bases
Dexia avait beau avoir prévenu, le montant reste impressionnant. La banque franco-belge a annoncé hier une perte historique de 4,03 milliards d’euros au deuxième trimestre et de 3,96 milliards pour le semestre. Dans le cadre de son plan de restructuration, elle avait décidé fin mai la cession anticipée d’actifs de son portefeuille «Financial Products» (FP, principalement composé de titres hypothécaires subprime) ainsi que de ses portefeuilles obligataires et de prêts. Elle avait alors précisé que cette vente aurait un effet comptable de 3,6 milliards d’euros (3,67 milliards finalement).
Les analystes s’attendaient en moyenne à une perte trimestrielle proche de ce montant. Mais c’était sans compter sa participation au plan d’aide de la dette souveraine grecque, qui a conduit Dexia à passer 377 millions d’euros de dépréciations sur son portefeuille d’obligations grecques, correspondant à une exposition de 1,8 milliard d’euros pour les titres arrivant à maturité avant le 31 décembre 2020. Cette mesure a eu un impact de 338 millions sur le résultat avant impôt. Pour corser le tout, la banque a enregistré une dépréciation de 143 millions d’euros sur les écarts d’acquisition de sa filiale italienne Crediop (qui doit être vendue avant le 31 octobre 2012 conformément à son plan de restructuration) et de Dexia Israël (cession pour laquelle elle est en négociation exclusive).
Si les comptes sont en berne, le groupe est paradoxalement plus sain financièrement que l’année dernière. Un mal pour un bien, 94% du portefeuille FP a été vendu à fin juillet. En 12 mois, il a ainsi réduit son bilan de 15% (à 517 milliards d’euros) et son besoin de liquidité à court terme de 47 milliards, soit un tiers. Ce dernier n’est plus désormais que de 96 milliards. Le ratio réglementaire de fonds propres core tier 1 atteint 10,3%.
Fort de bases assainies, Dexia devra prouver qu’il sait développer une activité bénéficiaire. Son directeur général, Pierre Mariani, a assuré que ce serait le cas dès le troisième trimestre grâce à la performance de ses métiers. Hors éléments récurrents, le résultat avant impôts de la banque recule de 58% au deuxième trimestre, à 114 millions d’euros. Mais sur ses seules activités commerciales (banque de détail et commerciale, banque de financement et gestion et services), Dexia revendique 404 millions d’euros de résultat, soit une progression de 25%.
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