Dexia Municipal Agency sera intégralement repris par la France

Dexia a indiqué lundi que DexMA sera reprise par une nouvelle structure de crédit détenue à 75% par l’Etat, à 20% par la CDC et à 5% par la Banque postale
Patrick Aussannaire

Dexia, dont le plan de démantèlement a reçu vendredi le feu vert de la Commission européenne, a confirmé lundi que la France avait accepté de reprendre l’intégralité du capital de Dexia Municipal Agency (DexMA), se soumettant ainsi à une exigence de l’exécutif européen. Dexia explique dans un communiqué que DexMA sera reprise par une nouvelle structure de crédit détenue à 75% par l’Etat français, à 20% par la CDC et à 5% par la Banque postale. Cette dernière pouvant à terme porter sa participation à 33%. Les créanciers supporteront le bilan de DexMA, qui était de 94,3 milliards d’euros fin septembre 2012, et apporteront la liquidité nécessaire à la nouvelle structure.

La cession de DexMA doit intervenir d’ici fin janvier, au prix d’un euro symbolique. «A l’issue de cette cession, il ne restera donc plus aucun lien capitalistique ou financier entre Dexia Crédit Local et DexMA», souligne la banque. Et d’ajouter que «les liens opérationnels entre les deux entités seront débouclés dans les 6 mois». Dans le plan de démantèlement envisagé début 2012,

Dexia devait conserver 32% de DexMA, ce que rejetait Bruxelles en exigeant la rupture de tout lien capitalistique entre la banque et ses activités françaises de financement des collectivités locales. L’accord de Bruxelles au démantèlement de Dexia ouvre ainsi la voie à la création de la nouvelle banque de financement des collectivités locales, censée être opérationnelle mi-2012 et qui sera détenue à 65% par la Banque postale et à 35% par la CDC. Les retards accumulés dans son lancement avaient contraint Paris à débloquer dans l’urgence des fonds pour aider les collectivités locales à trouver des financements, via les deux entités.

DexMA sera «un élément central de ce nouveau dispositif dont elle assurera le refinancement sur les marchés de capitaux», précise Dexia, qui reconnait que «la Commission européenne a pris acte de l’existence en France d’un déficit durable du marché, responsable d’une insuffisance de financements à long terme des collectivités territoriales et des établissements publics de santé».

Dexia s’est vu accorder un délai d’un an pour céder ses participations dans Popular Banca Privada et Sofaxis, ainsi que sa filiale en Israël. Dexia Bail Regions, Dexia Bail, Dexia LLD et Dexia Flobail devront être cédées ou fermées. De quoi réduire la taille de son bilan, qui a déjà fondu de 41% à 384 milliards d’euros depuis fin 2011, à 150 milliards d’ici fin 2020.

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