Dexia confirme ses ambitions fortes mais coûteuses en Turquie
En prêtant serment mercredi matin devant les autorités turques, Pierre Mariani est devenu officiellement président du conseil d’administration de DenizBank, la filiale locale de Dexia. L’administrateur délégué du groupe franco-belge confirme ainsi l’ancrage de la banque turque ‑la neuvième du pays en termes d’actifs‑ dans sa stratégie.
Seule sa compagnie d’assurance vie Deniz Emeklilik n’a pas échappé aux cessions d’actifs imposées par la Commission européenne. Son repreneur sera choisi parmi sept finalistes (dont Axa et Groupama) dans les semaines qui viennent, tout comme l’assureur qui signera un accord de distribution exclusif avec le réseau de DenizBank pour 15 ans au moins. Pour les deux opérations, Dexia aimerait faire affaire avec une seule compagnie.
Encore jeune, Deniz Emeklilik a dégagé un résultat net de 23 millions de livres turques (10,2 millions d’euros) en 2010, soit seulement 3,7% des profits de la banque turque. Sa vente devrait pourtant contribuer à doper les bénéfices de DenizBank. Ils pourraient atteindre un milliard de livres turques avant impôt dès cette année (contre 779 millions en 2010), estime Pierre Mariani. Les résultats de Dexia à fin mars, attendus le 10 mai, donneront de premières indications sur la dynamique de DenizBank, mais «le premier trimestre est meilleur que celui de l’année dernière», assure Hakan Ates, président du comité de direction de DenizBank.
Principal relais de croissance du groupe, la banque espère des revenus de 3,7 milliards de livres à échéance 2014, contre 2,36 milliards en 2010, et devra alors représenter 27% des revenus de Dexia. 500 millions de livres turques seront investis dans DenizBank, notamment pour porter le réseau d’agences de 512 à 800.
Revers de la médaille, le coefficient d’exploitation et le rendement des fonds propres (ROE), supérieurs à la moyenne du secteur bancaire turc, vont se dégrader. Le ROE devrait passer de 21% à 14% en quatre ans. Dans la course aux volumes engagée par les banques turques, DenizBank vise une part de marché de 5 à 6% dans les dépôts et les crédits (contre respectivement 3,2% et 4,6% fin 2010), explique un de ses dirigeants. Soit une ambition similaire à celle énoncée fin mars par TEB, filiale de BNP Paribas et dixième banque du pays depuis l’absorption de Fortis Banque Turquie.
Plus d'articles du même thème
-
Le pétrole et les semi-conducteurs ont guidé les marchés au deuxième trimestre
Le baril de brut a quasiment effacé le choc à la hausse de mars, après l’accord signé entre l’Iran et les Etats-Unis, reléguant au second plan les craintes de stagflation et prolongeant la bonne tenue des marchés, malgré les interrogations sur le boom de l’IA. -
Le Crédit Agricole lance son stablecoin en euro
L'EURXT a déjà permis une souscription à un fonds monétaire tokenisé d'Amundi. Il sera proposé dans un premier temps aux clients investisseurs institutionnels et aux entreprises clientes de Caceis. -
L'inflation repasse sous 3% dans la zone euro
La hausse des prix est ressortie à 2,8% dans la zone monétaire le mois dernier. L'inflation de base a également ralenti, à 2,4%.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
« L'apocalypse de l'IA pour les éditeurs de presse » : Google IA Overviews arrive en France
Google se prépare à lancer dans les prochains mois son outil de réponses générées par IA, au grand dam des éditeurs de presse -
Matrket LogicIntroductions en Bourse : pourquoi la plupart échouent, et pourquoi celles-ci ne feront pas exception
Dans l’investissement, la réussite est le fruit de la patience et de la discipline ; c’est un cheminement progressif, et non un mécanisme qui permet de s’enrichir rapidement -
Trancher la réforme des retraites par référendum ? Le plus tôt sera le mieux !
À un an de l'élection présidentielle, Edouard Philippe propose un référendum sur la réforme des retraites pour surmonter « les blocages ». Le débat est urgent sur ce sujet explosif et capital