Deutsche Bank tente de retrouver sa crédibilité
Anshu Jain et Jürgen Fitschen, les co-présidents du directoire de Deutsche Bank, se sont livrés à un exercice de contrition publique au cours de la conférence de presse annuelle de l’établissement. «Nous savons que nous avons quelque chose à vous prouver. Nous avons pris conscience que le risque de réputation est de plus en plus important», a déclaré Jürgen Fitschen.
En effet, les multiples scandales et procédures dans lesquels Deutsche Bank est empêtrée ont fait plonger les comptes 2013 dans le rouge la semaine dernière.
En tant qu’ancien patron des activités de banque d’investissement, Anshu Jain a dit pour sa part assumer les erreurs de la période précédant la crise financière. Mais son collègue a démenti une crise de confiance avec la Bafin, le régulateur outre-Rhin, dont la presse allemande s’est récemment fait l’écho.
Les dirigeants de Deutsche Bank ont toutefois voulu livrer un message ambitieux pour les années à venir. Ils estiment avoir changé la culture de la banque, notamment à travers 115.000 modules de formation en 2013 (contre 39.000 un an plus tôt). «En 2014, l’adhésion à nos valeurs et convictions compte pour la moitié des rémunérations variables et des décisions de promotion», a expliqué Jürgen Fitschen. Toutefois, «les litiges demeureront un risque en 2014. Dans une organisation complexe de 100.000 personnes, personne ne peut garantir que de nouveaux événements ne surviendront pas», prévient-il, tout en espérant que le plus gros des litiges sera derrière le groupe à la fin de l’année 2014.
La baisse des coûts est toujours au programme. A travers son plan «Operational Excellence», lancé en 2012, la banque compte réaliser 2,9 milliards d’euros d’économies en 2014, pour 1,5 milliard d’investissements. Les dirigeants ont confirmé l’objectif final de 4,5 milliards d’économies à fin 2015 (2,1 milliards ont déjà été réalisés en 2013). Ce qui devrait lui permettre de faire passer son coefficient d’exploitation sous les 65% (contre 92,6% fin 2012).
Concernant la réduction de la taille du bilan, une «étape décisive» devra être franchie au cours de cette année, en vue de l’objectif final de réduction de 500 milliards d’euros (sous CRD4) entre juin 2012 et décembre 2015.
Se projetant après l’échéance du plan 2015, les dirigeants estiment que Deutsche Bank sera bien positionnée pour renouer avec les acquisitions en Europe – le secteur devant poursuivre sa consolidation.
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