Deutsche Bank perd de sa superbe sous le poids grandissant du risque juridique
Le risque juridique plane au-dessus de Deutsche Bank. La principale banque allemande n’est bien sûr pas seule dans le collimateur des autorités, des actionnaires ou des investisseurs au sein du secteur à travers le monde, mais elle subit depuis peu une malheureuse série. Comme pour ses concurrentes, il s’agit particulièrement d’envisager des sanctions à l’encontre de Deutsche Bank pour manipulation du taux interbancaire Libor ou pour information trompeuse dans la conception et la distribution avant la crise de produits complexes, notamment adossés à des créances hypothécaires.
Ce mois-ci, Deutsche Bank a été contrainte de relever de 600 millions d’euros, à 2,4 milliards, sa provision pour risque juridique au titre de l’exercice 2012, quelques heures après que l’agence de refinancement hypothécaire Freddie Mac a indiqué lancer une plainte à l’encontre d’une quinzaine de banques, dont l’allemande, pour jeu dangereux sur le Libor. Un relèvement qui a conduit Standard & Poor’s a sévir mercredi en plaçant la note à long terme « A+ » de la banque sous surveillance.
L’agence confirmera la note ou l’abaissera d’un cran «d’ici quelques semaines». S&P avance «les risques économiques, réglementaires et juridiques en cours» qui devraient «continuer de nuire aux performances de la banque».
Des risques «substantiels» pèsent sur son niveau de capitalisation, selon l’agence, rappelant le projet de la Fed de relever ses exigences pour les filiales américaines des établissements étrangers. De quoi ranimer les craintes des investisseurs d’une nécessaire augmentation de capital.
Mercredi encore, aux Etats-Unis, Deutsche Bank a échoué à faire annuler une plainte d’actionnaires dénonçant un défaut d’information de la banque concernant le risque d’exposition aux crédits hypothécaires. Les plaignants, qui visent le statut de « class action » après avoir subi un plongeon de près de 90% du cours de l’action à New York sur deux ans à compter du printemps 2007, clament que la banque a tardé à reconnaître la perte de valeur de certains produits.
A en croire tout de même Michael Seufert de Norddeutsche Landesbank, «la vague de procédures devra bien s’apaiser à un moment ou un autre». L’analyste estime que «cette année et la prochaine seront probablement les plus périlleuses» pour Deutsche Bank.
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