Deutsche Bank est de nouveau contrainte à réduire la voilure
L’exception qui confirme la règle. Alors que la plupart de ses grandes concurrentes américaines et européennes ont publié des résultats supérieurs aux attentes, Deutsche Bank a déçu hier, en annonçant un bénéfice net de 334 millions d’euros, en baisse de 49% sur un an. Cette contre-performance résulte de la hausse de 630 millions d’euros des provisions liées aux litiges, qui atteignent 3 milliards d’euros à fin juin .
La première banque allemande est impliquée dans le scandale du Libor et toujours en procès aux Etats-Unis dans des affaires liées aux crédits subprimes, des dossiers pour lesquels Barclays ou UBS ont déjà payé tout ou partie de leur écot. Deutsche Bank est également toujours empêtrée dans la bataille juridique autour de l’ancien empire médiatique du baron Kirch.
Au-delà de la gestion du passé, le groupe va réduire ses actifs de 250 millions d’euros d’ici à 2015, soit 16% de son bilan de 1,58 trillion d’euros à fin juin. «Nous sommes déterminés à réduire le bilan de manière à nous conformer aux exigences sur le ratio de levier», ont affirmé les deux co-présidents du directoire Jürgen Fitschen et Anshu Jain, dans un communiqué.
La réduction de voilure pourrait coûter 600 millions d’euros et diminuer le résultat avant impôt de 300 millions, l'équivelent de 5% de son bénéfice 2012. «Cela ne va pas clore le sujet à ce stade», jugent les analystes de Credit Suisse. Selon eux, le ratio de levier de Deutsche Bank est seulement de 2,3%, loin de la norme de 3% que le groupe dit déjà atteindre sur une base «ajustée».
Deutsche Bank fait les frais de l’attention croissante portée à la mesure de la liquidité, après avoir concentré ses efforts sur son niveau de capitaux propres. Ses dirigeants avaient voulu rassurer les marchés en levant 2,96 milliards d’euros en mai. Son ratio de fonds propres durs Bâle 3 est ainsi passé de 8,8% à 10% fin juin. «C’était leur objectif pour 2015 seulement, et beaucoup d’observateurs doutaient qu’ils puissent l’atteindre», rappelle Didier Becker, analyste chez Kepler Cheuvreux.
Enfin, Deutsche Bank a sauvé la face en banque d’investissement, avec des revenus trimestriels en hausse de 2% sur un an grâce au courtage actions, mais le leader mondial des changes a décroché. Ses revenus dans le fixed income, qui regroupe aussi les produits de taux et de matières premières, ont reculé de 11% sur fond de volatilité et de faible liquidité, contre un gain de 12% en moyenne dans les banques américaines.
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