Deutsche Bank doit toucher cette année les dividendes de sa restructuration
Deutsche Bank laisse les années noires derrière elle. En dégageant des profits pour le sixième trimestre d’affilée entre octobre et décembre 2021, après avoir accumulé les pertes une bonne partie de la décennie passée, la banque allemande montre que son redressement s’inscrit dans la durée.
Pour l’ensemble de l’exercice 2021, le groupe a dégagé un résultat avant impôt de près de 3,4 milliards d’euros. Il a plus que triplé en un an. Ce solde intègre de lourdes charges de restructuration et de transformation, pour près de 1,5 milliard, consécutives au changement de stratégie annoncé en juillet 2019. Christian Sewing, le président du directoire, avait alors dévoilé ce qui passait comme le plan de la dernière chance pour Deutsche Bank : recentrage sur la banque d’entreprise, vente de portefeuilles ou d’activités risqués comme le financement des hedge funds (prime brokerage), suppression de 18.000 postes, réduction drastique des coûts.
C’est en 2022 que la banque espère tirer tous les dividendes de cette restructuration et en faire profiter ses actionnaires. Elle leur a déjà a promis de leur rendre 700 millions dans les prochains mois, une première depuis l’arrivée de Christian Sewing aux commandes. Elle a aussi relevé jeudi de 25 à 26 milliards d’euros son objectif de revenus cette année. Son coefficient d’exploitation, qui rapporte les charges au produit net bancaire, doit tomber à 70%, contre 84,6% l’an dernier et 79% sur le périmètre excluant les activités en cours de cession. Il s’agit aujourd’hui du principal point d’attention des analystes. La marche est encore haute, mais « Deutsche Bank raconte au marché une histoire inhabituelle de réduction de coûts, au moment où les grandes banques internationales annoncent une inflation continue de leurs charges », relève Kian Abouhossein, l’analyste de JPMorgan.
Désormais sans autres charges de restructuration à passer, la première banque allemande pourrait alors redresser son rendement sur fonds propres tangibles de 3,8% à 8% si elle respecte son plan de marche. « Deutsche Bank est sur les bons rails pour tenir ses objectifs financiers 2022, mais sa rentabilité demeure faible, et il reste du travail à accomplir », note Simon Adamson, chez CreditSights. Le groupe en dira davantage le 10 mars lors d’une journée investisseurs. Ceux-ci ne demandent qu’à y croire, avec une action en hausse de 39% sur un an, et une notation de crédit relevée ces dernières semaines par les grandes agences.
Plus d'articles du même thème
-
Le comité de Bâle durcit les modalités déclaratives des banques systémiques
La Banque des règlements internationaux a publié des amendements visant à traiter le problème du « maquillage des comptes » des banques systémiques. Les mesures seront applicables en janvier 2030. -
BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
Pour la première fois depuis 2024, la plus grande banque française par la capitalisation a accordé une hausse générale des rémunérations. Les salariés payés moins de 100.000 euros obtiennent une augmentation comprise entre 1% et plus de 5%. -
UniCredit va pouvoir prendre le contrôle de Commerzbank
La banque italienne a obtenu le feu vert de la BCE pour monter au-delà des 30% du capital de sa concurrente allemande. Elle pourrait en détenir près de 50% d’ici la fin de l’année.
ETF à la Une
Amundi renforce son offre d’ETF thématiques
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
Contenu de nos partenaires
-
NatureCOP17 biodiversité : malgré des ambitions affichées, la France reste à la traîne
Alors que la COP17 s’ouvre à Erevan, plusieurs rapports pointent un effondrement de la faune plus rapide en France qu'en Europe et des budgets amputés -
Tribune libreAlain Bauer sur le chaos du 17 octobre : « Et le peuple brûla son Hôtel de Ville »
Un auditeur en management venu constater l’état de la France pourrait sans mal résumer son rapport 2026 par une formule simple : hors la perception des impôts, rien ne marche plus correctement -
Choix publicsL’extrême gauche contre la République, le désordre contre la liberté
Ce qu'on a vu : un écroulement de l’autorité, une fracture irréconciliable de la communauté nationale et pour tout dire un effondrement du pays