Deutsche Bank change de patron pour se donner une nouvelle chance
Anshu Jain et Jürgen Fitschen ont finalement tiré les leçons
de la défiance persistante des investisseurs à leur égard. Deutsche Bank a
annoncé hier le départ surprise de ses deux co-présidents du directoire, un
mois et demi après la présentation d’un plan stratégique jugé décevant. Anshu
Jain quittera ses fonctions à la fin du mois, mais gardera un rôle de
conseiller jusqu’en janvier, tandis que Jürgen Fitschen attendra jusqu’à l’assemblée générale en 2016. John Cryan, 54 ans, directeur financier
d’UBS jusqu’en 2011, et qui présidait le comité d’audit de Deutsche Bank,
remplacera Anshu Jain. Après le départ de Jürgen Fitschen, le groupe ne sera
donc plus dirigé à nouveau que par un seul homme.
Le tandem Jain-Fitschen a vu son mandat pollué par l’avalanche
de litiges qui se sont abattus sur la banque allemande.
Dernière menace en date: Deutsche Bank a indiqué vendredi enquêter sur
de possibles faits de blanchiment d’argent en Russie, à la demande de la banque
centrale russe.
Les deux dirigeants ont aussi sous-estimé la
nouvelle donne réglementaire qui bouleverse le modèle des banques d’investissement. Ils avaient attendu 2014 pour mener une augmentation de capital de 8 milliards
d’euros. Le plan stratégique présenté fin avril préservait la BFI, mais manquait de détails sur la manière
dont la banque comptait réduire ses coûts. Un flou
que les actionnaires n’ont pas pardonné, en votant à 39% contre la direction lors de l’assemblée générale du mois dernier. L’ampleur de ce vote de défiance aurait pesé dans la décision
d’Anshu Jain de jeter l’éponge.
Ce départ pourrait être lourd de conséquences pour la BFI de Deutsche Bank. Homme de
marché, issu du fixed income,
l’activité phare de la banque allemande, Anshu Jain lui servait de paravent. Le Britannique John Cryan, germanophone, et qui a dirigé
les activités européennes de Temasek jusqu’en 2014, passe pour avoir été plus déterminé chez UBS à l’heure de muscler les fonds propres
de la banque.
Plus d'articles du même thème
-
UBS séduit les investisseurs avec 3 milliards de dollars de rachats d'actions
La banque suisse a enregistré une forte hausse de ses bénéfices au deuxième trimestre, mais elle reste sous la menace d'une évolution réglementaire défavorable sur son marché domestique. -
La croissance des salaires en zone euro devrait remonter légèrement d’ici à 2027
Certains décideurs de la Banque centrale européenne (BCE) s’alarment des risques d’effets de «second tour» via une boucle prix-salaires, après la hausse de l’inflation énergétique liée au conflit en Iran. Les hausses de salaires anticipées au travers du «wage tracker» publié mercredi resteraient pourtant a priori modérées. -
Bureau Veritas se montre plus confiant pour 2026 après un deuxième trimestre solide
L'entreprise française a annoncé relever ses objectifs annuels après un bon premier semestre, marqué par une accélération de la croissance organique au deuxième trimestre et des acquisitions dans ses domaines à forte croissance.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- La BCE suit la boussole des marchés
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
- BNP Paribas tient les promesses faites aux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Série 12/28Un été d'essais politiques : Charles Millon, à droite toute
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Monique Canto-Sperber, présidente : « Je proposerais de construire une société de libertés et de paix civile »
SERIE. La philosophe et figure du libéralisme en France se met dans la peau du futur locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions -
La City contre-attaqueLa Lady Mayor, à la fois reine, ambassadrice et VRP de la City
SERIE (4/10). Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations économiques, physiques, sociales et culturelles de la place financière de Londres depuis le Brexit. Le Lord-maire, poste occupé cette année par Susan Langley et qui remonte au 12e siècle, règne presque comme un roi, le temps de son mandat, sur la City.