Danièle Nouy assure que les banques européennes sans avenir doivent disparaître
Après que la BCE a soumis vendredi à consultation le cadre réglementaire devant régir les relations entre les différents niveaux de superviseurs au sein du Mécanisme de surveillance unique des banques (lire page 2), la présidente de ce MSU, Danièle Nouy, a lancé dans un entretien au Financial Times un cinglant avertissement au secteur. «Nous devons accepter l’idée que certaines banques n’ont pas d’avenir», assure Danièle Nouy, selon laquelle «nous devons en laisser certaines disparaître de façon ordonnée, et ne pas nécessairement essayer de les adosser à d’autres établissements». Clamant par ailleurs qu’il n’y a pas d’actif sans risques, Danièle Nouy promet d’agir sur le traitement de la dette souveraine au bilan des banques.
Des propos intervenant dans la foulée de ceux du ministre autrichien des Finances, qui n’exclut plus désormais de laisser la banque nationalisée Hypo Alpe Adria déposer son bilan, marquant un changement de position du gouvernement à ce sujet. Dans un entretien publié hier par le quotidien Österreich, Michael Spindelegger a expliqué qu’il préférerait voir les banques commerciales soutenir une bad bank chargée de reprendre les actifs à risque d’Hypo, sans écarter d’autres options. «Si aucune solution n’est trouvée avec les banques, rien n’est exclu. Pour moi, il s’agit de trouver la solution la plus favorable pour le contribuable. Il n’y aucun tabou», a prévenu le ministre. Erste Bank, Raiffeisen et Bank Austria renâclent à s’associer à un tel projet. La banque centrale autrichienne aurait averti le gouvernement qu’une faillite non maîtrisée d’Hypo pourrait coûter près de 25 milliards d’euros, une telle issue déclenchant une réaction en chaîne nuisant à la réputation de l’Autriche sur les marchés financiers.
En Italie également, les banques se démènent, le sort de Banca Monte dei Paschi di Siena suscitant particulièrement l’attention. Samedi, le quotidien Il Messaggero a assuré que le fonds souverain du Qatar QIA a engagé des discussions avec le principal actionnaire de la banque quant à un éventuel rachat de 15 à 20% du capital avant l’appel au marché prévu pour 3 milliards d’euros. La fondation détentrice de 33,5% du capital a demandé le report de l’opération afin de réduire sa participation. Elle a reconnu la semaine passée être en pourparlers avec des investisseurs étrangers. Mais alors que QIA est disposé selon Il Messaggero à verser 0,15 à 0,16 euro par action, la fondation en attend 0,20 ou 0,21 euro, ce qui valoriserait une part de 20% à 490 millions.
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