Credit Suisse veut amplifier la liquidation de ses actifs en extinction
Plus vite, plus fort. Sous la pression réglementaire, Credit Suisse a dévoilé hier un nouveau plan de réduction de voilure pour ses activités non stratégiques, tant en banque d’investissement qu’en banque privée et commerciale. D’ici à fin 2015, le groupe helvétique veut ramener le leverage exposure (multiple d’endettement) de ses actifs en extinction à 26 milliards de francs suisses (21 milliards d’euros), soit une baisse de 76% par rapport à fin septembre 2013 au lieu des 58% annoncés cet automne.
Les encours pondérés du risque (RWA) de ces portefeuilles abandonnés ou à vendre devront également être limités à 10 milliards de francs, soit un recul de 58% au lieu des 41% escomptés. Ces efforts doivent permettre au groupe de limiter ses RWA totaux à 250 milliards de francs dans deux ans (contre 261 milliards à fin septembre 2013), malgré l’ajout de 15 à 20 milliards liés au développement de son activité de prêts.
«Tout l’enjeu des unités non stratégiques est de les éteindre aussi vite que possible, a expliqué hier David Mathers, le directeur financier de Credit Suisse. Plus vite nous le ferons, mieux ce sera, et il y a clairement une attention croissance des régulateurs autour du ratio de levier». La Banque nationale suisse considère que les deux géants du pays, UBS et Credit Suisse, doivent encore faire des efforts. «Il est vital que les grandes banques continuent à améliorer leur fonds propres, et en retour leur résilience, en particulier en ce qui concerne le ratio de levier», a déclaré le mois dernier Jean-Pierre Danthine, vice-président de la banque centrale. Quelques semaines plus tôt, la ministre des Finances Eveline Widmer-Schlumpf avait également indiqué que les règles s’appliquant aux banques trop grosses pour faire faillite lui semblaient trop faibles.
Pour atteindre ses objectifs, Credit Suisse a isolé ses actifs non stratégiques dans deux divisions dédiées, en octobre dernier. Elles doivent notamment lui permettre de liquider des portefeuilles de fixed income (produits de taux), ou encore de dérivés, une fois le marché de la compensation en place. Dans les résultats retraités de cette réorganisation, présentés hier par le groupe, les divisions non stratégiques affichent une perte avant impôt de 1,68 milliard de francs au 30 septembre 2013, dont 459 millions liés à des provisions et frais juridiques.
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