Credit Suisse rabaisse une nouvelle fois ses prétentions
Accueilli fraîchement en octobre 2015, le plan stratégique de Credit Suisse a séduit les marchés hier dans sa version révisée. Le cours de l’action de la deuxième banque helvétique a gagné 7,4% à Zurich.
Pour répondre aux interrogations récurrentes sur sa restructuration, Credit Suisse a annoncé hier plus de un milliard de francs suisses (924 millions d’euros) de réductions des coûts additionnelles d’ici à 2018 et a revu à la baisse les bénéfices cibles de ses deux relais de croissance, l’Asie-Pacifique et la gestion de fortune internationale.
«Compte tenu des conditions de marché difficiles que nous affrontons, la réalisation de nos objectifs de profits est maintenant plus orientée vers la réalisation de réductions de coûts, sur lesquelles nous avons un plus grand contrôle que sur la croissance des revenus», a précisé la banque dans un communiqué diffusé à l’occasion de sa journée investisseurs à Londres.
Credit Suisse vise désormais une base de coûts opérationnels inférieure à 17 milliards de francs en 2018, au lieu des 18 milliards annoncés précédemment, et des 21,1 milliards enregistrés en 2015. La banque a également revu à la hausse ses économies nettes, qui devront passer de 3,2 milliards à plus de 4,2 milliards de francs d’ici à deux ans. Soit un gain de un milliard, après un 1,6 milliard de franc déjà attendu pour la seule année 2016.
Plus de 4.000 suppressions de postes à Londres
Pour y parvenir, les réductions d’effectifs vont se poursuivre à un rythme élevé. Après avoir déjà dépassé son objectif de 6.000 suppressions d’emplois cette année à travers le groupe, Credit Suisse prévoit de ramener son effectif londonien de 9.200 personnes actuellement à moins de 5.000 à fin 2017, a annoncé hier David Mathers, le directeur financier du groupe. L’an dernier, seuls 1.800 départs avaient été avancés pour Londres, avant que le groupe dévoile un nouveau tour de vis général, en mars dernier.
Credit Suisse, qui employait 48.200 équivalents temps plein fin 2015, est en revanche resté silencieux sur les autres coupes. Dimanche, le journal Schweiz am Sonntag rapportait que la banque prévoyait 1.000 à 1.300 licenciements supplémentaires en Suisse.
Les coûts de restructuration, très largement consacrés aux indemnités de départ, ne laissent aucun doute sur l’ampleur de la casse sociale à venir: en 2017, ils devraient atteindre au total 600 millions de francs comme cette année (avec une plus grande part encore pour le coût des départs), avant de décroître à 300 millions en 2018.
Le groupe a également abaissé ses anticipations de bénéfice imposable pour l’Asie-Pacifique et la gestion de fortune internationale, à 1,6 milliard et 1,8 milliard de francs respectivement. Il visait auparavant un doublement pour ces deux divisions, à 2,1 milliards.
«Nous réaffirmons nos objectifs pour nos activités de gestion de fortune en 2018 (…) tout en ajustant à la baisse nos cibles pour les activités plus touchées par le recul des volumes de trading et les plus faibles niveaux de l’activité de marché», précise Credit Suisse. Il révise ainsi ses ambitions dans ses activités de trading et de marchés en Asie-Pacifique, et dans la gestion d’actifs pour sa division de gestion de fortune internationale.
Le groupe a en revanche confirmé sa cible de 2,3 milliards de francs de profits en 2018 pour son entité suisse, qui doit être partiellement introduite en Bourse l’an prochain. Il a enfin réduit son objectif de ratio de fonds propres CET1 à fin 2018, qui passe de 13% à 11-12%.
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