Credit Suisse écope d’une amende de 475 millions de dollars
Les scandales Greensill et Archegos avaient presque fait oublier que Credit Suisse était toujours englué dans d’autres affaires. La banque a trouvé mardi un accord avec le département de justice américain (DoJ) et la Financial Conduct Authority (FCA) concernant des financements litigieux accordés en 2013 à des entreprises publiques au Mozambique. Credit Suisse a plaidé coupable et devra régler environ 475 millions de dollars (408 millions d’euros) répartis entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour faire cesser les poursuites. De son côté, l’Autorité suisse des marchés (Finma) clôt son enquête sur ce même dossier mais impose à la banque des conditions plus strictes sur ses activités de crédit avec des pays financièrement fragiles.
Ces prêts, pour 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) au total, refinancés sur les marchés, devaient notamment servir à développer la pêche au thon et à mettre en place un système de surveillance du littoral, d’où leur appellation de «tuna bonds». Certains officiels du pays, dont le ministre des Finances de l’époque, ainsi que des banquiers de Credit Suisse, sont accusés d’avoir touché des pots-de-vin pour permettre l’octroi de ces crédits à l’insu du parlement mozambicain et du Fonds monétaire international (FMI). La banque avait précisé, au cours de l’enquête, qu’aucune action n’était intentée à son encontre mais que d’anciens collaborateurs avaient déjoué les contrôles internes pour s’enrichir. En 2020, des documents ont cependant révélé que Credit Suisse avait ignoré les alertes lancées par son directeur Europe Moyen-Orient et Afrique concernant les risques juridiques que constituaient ces prêts.
Depuis son arrivée cette année à la tête de Credit Suisse, António Horta-Osório a décidé de revoir en profondeur le contrôle des risques du groupe, un département mis à mal dans la plupart des affaires qui l’ont touché ces dernières années. La banque, qui présentera ses résultats le 4 novembre prochain, s’apprête aussi à dévoiler son nouveau plan stratégique avant la fin de l’année. Le contrôle des risques y sera sans aucun doute abordé, mais pas seulement. La Finma, a aussi rendu publiques mardi les conclusions de l’enquête concernant la filature d’un des ex-employés de la banque. L’autorité constate «de graves violations du droit de la surveillance» et a demandé à Credit Suisse d’appliquer de nouvelles mesures visant à améliorer encore sa gouvernance.
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