Crédit Agricole SA exclut tout besoin d’augmentation de capital
Crédit Agricole SA est potentiellement l’une des banques les plus affectées par Bâle 3. En publiant mercredi un résultat net trimestriel de 742 millions d’euros, supérieur au consensus des analystes, la banque a donné une première estimation des effets des nouvelles normes qui s’appliqueront en 2013. Et affirmé qu’elle n’envisage «aucune augmentation de capital» pour y remédier.
Les actifs pondérés sur les activités de marché devraient progresser de 70 à 90 milliards d’euros, dont 20 à 25 milliards avant 2013 au titre de l’application de la directive CRD3. Pour mitiger cet impact, le groupe évoque «des cessions et/ou des arbitrages». Par ailleurs, le recentrage déjà amorcé par CA CIB doit permettre à la banque de financement et d’investissement de réduire de 10% dans les trois ans ses actifs pondérés.
La part de 25% que le groupe détient dans ses caisses régionales sera, elle, incluse dans le calcul des emplois pondérés. Effet attendu: 50 milliards d’euros. A fin septembre, les actifs pondérés de CASA atteignaient 327 milliards d’euros.
La déduction des impôts différés actifs, des intérêts minoritaires et des participations financières devrait quant à elle amputer de 4,5 à 8,5 milliards d’euros dès 2014 les fonds propres durs.
D’ici là, Crédit Agricole SA compte sur sa capacité à dégager des fonds propres, estimée à 7 milliards entre 2010 et 2012. Sans compter les moyens des caisses régionales. Cette génération de capital est tirée par la bonne santé des réseaux de détail, d’Amundi – qui a bouclé sa fusion – et de la banque de financement, dans un contexte de baisse du coût du risque. En revanche, Emporiki reste un point noir: la filale grecque a coûté à CASA 670 millions de pertes sur neuf mois, sans compter une dépréciation de survaleur de 418 millions au deuxième trimestre.
Les activités de marchés, elles, sont tombées dans le rouge (19 millions), en raison de l’effet fair value sur la dette propre et d’une baisse de 12% des revenus dans le pôle actions. De quoi conforter CA CIB dans son projet de partenariat mondial sur les métiers du courtage avec le chinois Citic Securities, qui crée pourtant des dissensions en interne. Les deux groupes négocient désormais un accord à 50/50 dans une seule holding. Les travaux de valorisation, en cours, aboutiront au versement d’une soulte à la banque verte, autour d’un milliard d’euros selon La Tribune.
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