Crédit Agricole SA est porté par la réduction des charges et du risque
Les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre, publiés ce matin, traduisent assez fidèlement la prudence et la maîtrise des coûts affichées dans son plan stratégique 2016.
Ainsi, Crédit Agricole SA (CASA), la structure cotée du groupe qui intègre LCL, les réseaux internationaux et les filiales métiers (banque de financement et d’investissement, gestion d’actifs, assurance…), voit ses coûts reculer pour le cinquième trimestre consécutif: les charges d’exploitation, qui atteignent 2,7 milliards d’euros, ont baissé de 1,2% par rapport au premier trimestre 2013. Cette évolution favorable est le fruit de la poursuite du programme Must. Lancé en 2012, il vise à réduire les charges de 650 millions d’euros sur quatre ans; il s’inscrit désormais dans le cadre du plan stratégique, qui prévoit lui au total 950 millions d’euros d’économies entre 2014 et 2016.
Le coût du risque est également bien orienté. Il recule de 20,2% à 590 millions d’euros dans les comptes de CASA. Il atteint un ratio historiquement bas de 60 points de base (pb), soit un recul de 8 pb sur un an et de 6 pb par rapport au trimestre précédent. La banque doit cette évolution à la poursuite de l’amélioration de la situation de la filiale italienne de crédit à la consommation Agos Ducato, dont les provisions baissent de 30%, à 163 millions d’euros. «Alors que le coût du risque est stable dans notre banque de détail Cariparma, la forte baisse chez Agos Ducato est une bonne surprise», a indiqué hier Jean-Paul Chifflet, le directeur général de CASA, au cours d’une conférence de presse.
Il résulte de cette évolution générale une progression importante du résultat net (+85% à 868 millions d’euros). Après retraitement des éléments exceptionnels (soit pour le trimestre notamment la réévaluation de la dette propre, la DVA et de la réévaluation de la participation de Cariparma dans la Banque d’Italie), le bénéfice ressort à 853 millions et la progression atteint 29,6%.
«Ces résultats confirment la solidité de notre capital», a insisté Jean-Paul Chifflet. En effet, la solvabilité de CASA, qui avait suscité certaines interrogations les années passées, en sort renforcée. Le ratio de fonds propres durs common equity tier one (CET1) sous Bâle 3, sans mesure transitoire, atteint 9% au 31 mars, soit 50 pb de plus qu’au début du mois de janvier, qui avait déjà bénéficié de la suppression d’une marge de prudence de 20 pb, liée au passage à la CRD4 (directive européenne qui transpose les règles de Bâle 3). Par rapport au 31 décembre 2013, le renforcement du ratio CET1 atteint donc 70 pb. A l’échelle du groupe Crédit Agricole, le ratio atteint 11,7% à fin mars, contre 11,3% (révisé) début janvier.
Dans les réseaux en France (caisses régionales et LCL), le Crédit Agricole confirme l’environnement peu porteur du contexte hexagonal. Le produit net bancaire (PNB) des caisses est stable (+0,7% à 3,55 milliards d’euros) en raison du maintien des marges d’intermédiation et de l’érosion des commissions (-0,3%). Celle-ci affecte aussi LCL, qui subit en outre l’effet des renégociations de prêts effectuées les années précédentes en raison de la baisse des taux. En conséquence, son PNB recule de 1,9%, à 956 millions d’euros.
Concernant les autres métiers, la gestion et l’assurance poursuivent leur dynamique commerciale. Après avoir collecté 10,3 milliards d’euros en 2013, la filiale de gestion Amundi a réalisé une collecte nette de 6,3 milliards au premier trimestre 2014, toujours portée par ses efforts en direction de la clientèle institutionnelle. La collecte nette en épargne/retraite et prévoyance atteint elle 2,3 milliards (après 5,4 milliards en 2013). La banque de financement et d’investissement CA CIB (+3,2% de PNB à 984 millions et +28% de résultat net à 289 millions) a été portée notamment par l’activité de financement (+8%) et, dans les activités de marchés (+3,5%), par l’activité de trésorerie et de titrisation au sein du fixed income.
Concernant les risques juridiques relatifs aux opérations en dollars réalisées dans des pays sous embargo américain, pour lesquels le groupe mène une revue interne, les dirigeants se sont montrés évasifs, indiquant qu’ils n’avaient pas d’éléments nouveaux à communiquer. Sur la crise diplomatique entre la Russie et l’Ukraine, Jean-Paul Chifflet s’est montré serein. Il a rappelé que l’exposition du groupe à la Russie atteint 4,9 milliards d’euros de prêts dans le banking book, essentiellement dans le financement des hydrocarbures.
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