Commerzbank s’embourbe dans la crise
Lors d’une assemblée générale particulièrement houleuse, la deuxième banque allemande, Commerzbank, a prévenu vendredi qu’elle accuserait une perte nette au premier trimestre. Déjà au dernier trimestre de l’an passé le groupe avait fait une perte de 716 millions d’euros.
Sous les huées des quelque 4.800 actionnaires présents dans la salle, Martin Blessing, le président du groupe, a expliqué que les 500 millions d’euros de coûts de restructuration liés à un vaste plan de suppressions d’emplois maintiendront les comptes dans le rouge. Commerzbank prévoit de supprimer entre 4.000 et 6.000 emplois d’ici à 2016.
Parallèlement, Martin Blessing a prévenu que l’année en cours «ne sera pas facile» car le résultat de Commerzbank sera une nouvelle fois affecté par la crise de la dette en Europe. Il s’est refusé à donner un pronostic précis, expliquant simplement qu’à partir de 2014 le groupe commencera à récolter les fruits de sa restructuration. Mais les actionnaires n’y croient plus. Ils rappellent que le plan de restructuration initial prévoyait un bénéfice net de 3 milliards d’euros dès 2012.
Or, la banque n’a réalisé que 6 millions… alors que l’économie allemande se portait bien. En même temps son cours en Bourse a chuté de 20 euros en 2008 à un peu plus de 1 euro actuellement. Désormais le groupe se fixe pour objectif de gagner 500 millions en 2016, soit autant qu’avant le rachat de Dresdner Bank en 2008.
Selon de nombreux actionnaires présents dans l’AG, il était donc «totalement inutile» de demander dès maintenant une nouvelle levée de fonds de 2,5 milliards d’euros pour rembourser une partie des 18 milliards d’euros d’aides reçues par l’Etat allemand lors de la crise financière de 2009. Le plan de Martin Blessing prévoit de rembourser la participation silencieuse de 1,6 milliard d’euros du SoFFin, le fonds allemand d’aide aux banques, après lui avoir déjà remboursé 14,3 milliards d’euros en 2011.
La banque va aussi se défaire de la participation de 750 millions d’euros détenue par Allianz depuis sa vente de Dresdner Bank. En renforçant son capital, la banque va également améliorer son niveau de fonds propres durs (core tier one) qui sera révisé à 8,6% pour la fin 2012, contre 7,6% initialement. Depuis 2008 la banque aura donc levé 19,8 milliards d’euros alors que sa valeur en Bourse est tombée à 6,7 milliards d’euros seulement.
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