Commerzbank reste dans le giron de l’Etat malgré sa recapitalisation
A la Bourse de Francfort, l’annonce a été saluée par une hausse du cours de Commerzbank atteignant jusqu'à 4%. Par sa décision de lever 11 milliards d’euros dont 8,25 milliards par l'émission d’actions nouvelles et 2,75 milliards à l’aide d’obligations convertibles, la banque veut rembourser 14,3 milliards sur les 16,2 milliards d’euros d’aides recues de l’Etat allemand il y a deux ans.
Pour mener cette transaction dont le volume dépasse de 147% sa capitalisation boursière, Commerzbank va avancer en plusieurs étapes. La banque commencera d’abord par émettre des obligations qui pourront être converties en actions après l’assemblée générale des actionnaires le 6 mai prochain. La hausse du capital se déroulera ensuite entre le 23 et le 27 mai prochain. L’assureur Allianz qui détient actuellement 9% du capital de Commerzbank veut réduire sa part à 5%.
Parallèlement au remboursement de l’Etat, la banque se sert de la recapitalisation pour mettre le noyau dur de ses fonds propres (Tier 1) en conformité avec les nouvelles règles de Bâle 3. Selon les calculs de Domenico Vinci, analyste chez Goldman Sachs, le ratio de fonds propres de Commerzbank devraient presque doubler à la fin de la transaction, à quelque 8% contre 4,3% à l’heure actuelle. La banque pourra donc affronter les nouveaux stress tests avec sérénité.
Au vu de la surprise créée par l’ampleur et la date choisie pour la recapitalisation, Martin Blessing, le patron de Commerzbank, a expliqué que la bonne tenue de la conjoncture allemande avait permis à la banque de sortir plus rapidement de la crise que prévu. Parallèlement l’intégration de Dresdner est également en avance sur le calendrier initial. «C’est pourquoi nous sommes en mesure d’annoncer dès à présent le remboursement de 90% des participations silencieuses de l’Etat» a-t-il dit aux analystes. Au plus tard en 2014 Blessing espère être en mesure de rembourser les 10% restants. Aux actionnaires, la banque promet de reverser à nouveau un dividende au titre de l’exercice 2012. Cette année, le groupe table sur un bénéfice d’exploitation au-dessus de celui de l’an dernier.
Reste que l’Etat allemand conservera sa minorité de blocage. Car la transaction prévoit que les participations silencieuses détenues par le Soffin, le fonds de secours mis en place par Berlin en 2009, seront converties en actions, pour un volume de 2,75 milliards d’euros. Ainsi Berlin conservera sa part de 25% plus une action.
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