Commerzbank rassure malgré ses dépréciations sur la Grèce
A chacun sa croix. Si la situation en Irlande a plombé les comptes de KBC et des banques britanniques, Commerzbank voit ses bénéfices s’effondrer en raison de la Grèce, qui l’oblige également à revoir ses prévisions à la baisse.
L’établissement allemand a dû déprécier ses obligations de l’Etat hellène de 760 millions d’euros dans ses comptes du deuxième trimestre (pour une exposition de 2,2 milliards d’euros), suite à l’accord international conclu avec les créanciers du pays. L’ampleur de la provision a fait plonger de 93% le résultat net, qui n’atteint plus que 24 millions d’euros contre 352 millions un an plus tôt. Les analystes l’ont semble-t-il sous-estimé: le consensus de prévisions établi par Bloomberg anticipait un bénéfice de 34,4 millions.
Plus généralement, «nous avons poursuivi notre exposition aux titres des pays périphériques de la zone euro et avons l’intention de poursuivre cette stratégie», a indiqué Martin Blessing, le directeur général de Commerzbank, dont le fonds de sauvetage public SoFFin détient 25% et qui a bouclé une augmentation de capital de 5,7 milliards d’euros en juin. Les expositions aux risques souverains espagnol et italien au 30 juin ont été respectivement réduites de 6,5% (à 2,9 milliards) et 10% (à 8,7 milliards) par rapport à la fin de l’année 2010. L’exposition de 900 millions au Portugal demeure inchangée.
Cela dit, les analystes apprécient la croissance des activités récurrentes de l’établissement (c’est-à-dire sans les actifs financiers ni le portefeuille en restructuration), dont le résultat opérationnel a plus que doublé. Ce dernier a atteint 913 millions d’euros, contre 397 millions un an plus tôt, principalement soutenu par les activités de marché et d’investissement, ainsi que par l’activité avec les PME locales, soutenues par la relative solidité de l’économie allemande. Le résultat semestriel de la core bank atteint 2,1 milliards.
Pour autant, la direction a déclaré que Commerzbank ne réaliserait sans doute pas son objectif de bénéfice pour 2011 en raison de la crise en zone euro. Mais elle compte toujours réaliser un résultat d’exploitation de quatre milliards d’euros en 2012, en fonction de la stabilité des marchés. Le groupe prévoit également des provisions pour pertes sur crédit inférieures à 1,8 milliard d’euros en 2011, contre une prévision initiale de 2,3 milliards.
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