Co-op Bank ne paiera pas pour ses errements passés
Une fois n’est pas coutume, une banque britannique va échapper aux amendes des régulateurs. Une situation étonnante alors que les établissements anglo-saxons ont fait la une récemment pour le règlement de nombreux scandales et litiges. Mais Co-Operative Bank est un cas à part. En rémission de sa quasi-faillite de 2013, le prêteur est jugé trop faible pour payer les 120 millions de livres dont il aurait dû s’acquitter selon les chefs d’accusation portés à son égard.
Au lieu de cela, l’établissement ne recevra qu’un blâme de la part de la Prudential Regulation Authority (PRA) et de la Financial Conduct Authority (FCA) et devra utiliser la somme épargnée pour renforcer son capital.
Cette décision est le résultat d’une double enquête de la part de des deux autorités sur les actions de Co-op Bank entre le 22 juillet 2009 et le 31 décembre 2013, soit les années qui ont précédé la chute de cet établissement vieux de 143 ans. La FCA lui a principalement reproché de ne pas avoir respecté les règles de communication financière prévalant pour les entreprises cotées, le prêteur ayant omis de donner sa véritable situation capitalistique à ses investisseurs. La banque n’était pas non plus en adéquation avec les régulateurs, ne leur diffusant pas certaines données essentielles comme les changements effectués au sein de sa direction.
Pour sa part, la PRA a surtout relevé des dysfonctionnements au niveau de la gestion du risque et du management de la firme. La banque avait une culture poussée de la spéculation et du court terme sans avoir pris les mesures pour se prémunir des pertes potentielles.
Une bien mauvaise image pour une banque qui se veut éthique et coopérative. Mais depuis 2013 elle semble être sur la voie de la rédemption et a déjà consenti à de lourds sacrifices, ce qui peut expliquer la magnanimité des autorités financières. Le prêteur a supprimé 15% de ses effectifs en 2014 et a fermé 44% de ses agences en deux ans. Ce mouvement devrait se poursuivre à l’avenir. A cela s’ajoute la vente d’un portefeuille de prêts hypothécaires d’une valeur de 6,3 milliards de livres fin 2014 et la cession d’actifs non stratégiques valant 4 milliards de livres à la même période.
Pour autant, l’établissement devrait être encore en perte pendant les deux prochaines années selon ses estimations.
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