CNP Assurances anticipe une évolution des produits d’assurance vie
Au sein d’un marché français de l’assurance vie chahuté, CNP Assurances (CNP) a mieux résisté que ses concurrents mais a néanmoins accusé un recul de sa collecte nette de 67% à 2,6 milliards d’euros en 2011 (-85% pour le marché selon la Fédération française des sociétés d’assurance). La Banque Postale et les Caisses d’Epargne, ses deux réseaux distributeurs, y ont contribué pour 1,2 milliard et 970 millions d’euros.
Face à la concurrence bancaire et aux besoins de désendettement ou d’achat des consommateurs, «il n’est pas exclu que les volumes à attendre en assurance vie seront moindres en 2012», a estimé Gilles Benoist, directeur général de la CNP en présentant mercredi ses résultats.
Le dirigeant prévoit dès lors une «évolution des produits». «Les produits basiques vont progressivement disparaître pour intégrer plus de garanties, qui auront un coût. Cela pourra être assorti de mécanismes intégrant les risques les plus graves de la vie tels que la dépendance», a indiqué le dirigeant, précisant disposer d’un modèle de ce type, appelé à être lancé lorsque les taux d’intérêt remonteront.
Après un troisième trimestre peu bénéficiaire, la CNP a fait preuve de solidité fin 2011. «Les résultats du quatrième trimestre se révèlent supérieurs aux attentes à tous les niveaux», relève Pierre Flabbée, analyste chez Kepler. Le chiffre d’affaires a reculé de 7,1% à 30 milliards d’euros en 2011, sous le poids des activités d’épargne (-13,4%), contre une baisse de 3,4% au quatrième trimestre.
Le bénéfice net du quatrième trimestre de la CNP, qui n’a dévoilé que ses chiffres globaux sur l’année, «s’inscrit en hausse de 25% à 321 millions d’euros au dernier trimestre, portant le bénéfice annuel à 872 millions, en recul de 17%», relève l’analyste. Les comptes annuels ont été affectés par d’importantes dépréciations (332 millions d’euros, contre 226 millions annoncés à fin septembre) liées à la Grèce et à la chute des Bourses.
Alors que la CNP cherche à faire évoluer son offre vers des produits plus risqués et rémunérateurs, le taux d’unités de compte dans le chiffre d’affaires épargne retraite ne représentait encore que 10% en France à fin 2011. Cette proportion s’élevait à 18,4% au niveau groupe, contre 15,6% un an plus tôt.
«L’international contribue désormais à 20% du chiffre d’affaires et à 44% au produit net d’assurance de la CNP, qui était franco-française en 1998», a noté Gilles Benoist.
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