Citigroup poursuit son recentrage stratégique en réduisant la voilure au Brésil
Itau Unibanco emporte la mise. Devançant selon Reuters des prétendants comme sa concurrente locale Bradesco ou l’espagnole Santander, la banque brésilienne a indiqué cette nuit avoir convenu du rachat d’une part des activités de Citigroup dans le pays. En l’occurrence, Itau Unibanco met la main pour 2,77 milliards de réaux, l’équivalent de 1,06 milliard d’euros, sur le pôle de crédit à la consommation, la transaction incluant les services de cartes de crédit Credicard. Cette enseigne dispose de quelque 4,8 millions de clients, pour des encours de prêts à la consommation d’environ 2,5 milliards d’euros. Itau a été le partenaire de Citigroup au sein de Credicard depuis sa création au début des années 1970 jusqu’en 2006.
Itau Unibanco, la plus importante banque d’Amérique Latine par sa capitalisation boursière, renforce naturellement ainsi ses activités sur son marché historique en misant sur la poursuite du développement d’une classe moyenne friande de services financiers. L’opération exclut d’ailleurs les cartes Credicard d’entreprises, qui resteront gérées par Citigroup sous la bannière «Citi». Afin de s’assurer une croissance durable au Brésil, Itau Unibanco doit répondre selon son directeur général Roberto Setubal à la soif de services du consommateur, la carte de crédit étant comme le souligne le dirigeant l’un des principaux outils pour atteindre cet objectif.
La transaction permet en parallèle à Citigroup de franchir une nouvelle étape dans le remodelage de son portefeuille international d’activités, par la cession d’une activité jugée non stratégique dans un marché important. Cela sans pénaliser selon elle l’activité existante de banque de détail au Brésil. La banque américaine a indiqué que l’opération, qui doit encore recevoir l’approbation des autorités brésiliennes, se traduira par un gain net voisin de 300 millions de dollars. Dans le communiqué de la banque new-yorkaise, le directeur général des activités en Amérique Latine, Francisco Aristeguieta, assure que la transaction met en lumière la capacité de la banque à «trouver des moyens d’optimiser nos activités et de concentrer notre attention sur des segments spécifiques au sein des marchés émergents, conformément à notre stratégie mondiale».
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