Citigroup envisage de décaler à 2013 un retour à ses actionnaires
Vikram Pandit, le directeur général de Citigroup, n’a pas attendu très longtemps hier en conférence investisseurs pour avoir droit à la question qui fâche. La banque va-t-elle soumettre cette année à la Fed un autre projet de retour de capital à ses actionnaires, après que la Réserve fédérale a repoussé par surprise son précédent plan ? Pas sûr, a répondu en substance le patron du groupe, pas tout à fait remis de ce camouflet alors que ses grands concurrents, JPMorgan ou Wells Fargo, ont toute latitude pour augmenter leur dividende ou racheter leurs propres actions.
«Tout en étudiant une nouvelle demande cette année, nous devons garder à l’esprit que nous soumettrons notre plan en capital 2013 peu de temps après», a indiqué Vikram Pandit. Pour ce dernier, toutes les options sont ouvertes, «depuis la reformulation à l’identique de ce que nous avons demandé, jusqu’à l’attente du plan de 2013 qui sera soumis à la Fed». Une dernière option qui décalerait alors à l’année prochaine le versement d’un dividende ou le lancement de rachats d’actions. Les deux parties discutent encore du sujet.
Citigroup a échoué à passer les derniers stress tests de la Fed, qui tenaient compte de ses demandes en matière de retour à l’actionnaire, un plan sur lequel aucun détail n’a été communiqué. Hier, le groupe a insisté sur son niveau de capitalisation qu’il juge élevé, avec un ratio tier one de 12,4% sous Bâle 1. Ce ratio tomberait à 7,2% sous Bâle 3 avec une prévision de dépasser les 8% en fin d’année, ce qui resterait inférieur aux 9% affichés par un BNP Paribas dès le 1er janvier 2013.
Le géant américain a d’ailleurs pu compter sur un premier trimestre 2012 plutôt bon, porté par le rebond de la banque d’investissement et par la résistance des activités de détail. Son résultat net s’est élevé à 2,9 milliards de dollars (2,23 milliards de dollars), en baisse de 2% sur un an mais a triplé par rapport au dernier trimestre 2011. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action croît de 7% sur un an. L’euphorie du début d’année s’est traduite d’un trimestre à l’autre par des revenus multipliés par quatre dans le métier actions, et par 2,7 dans les taux, également en hausse de 19% sur un an. Une performance sur laquelle le groupe risque cependant de ne pouvoir compter au deuxième trimestre.
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